Dossier d'analyse : ÉDITORIAL Hantavirus : le spectre d’une nouvelle crise sanitaire ?
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<p>L&rsquo;ancien d&eacute;put&eacute; gardois MoDem Philippe Berta, g&eacute;n&eacute;ticien, docteur en biochimie et pharmacologie, chercheur au CNRS, expliquait d&eacute;j&agrave; sur notre plateau TV en 2020 que nous devrions apprendre &agrave; vivre avec des &eacute;pid&eacute;mies comme celle du coronavirus. Celui qui avait particip&eacute; aux travaux li&eacute;s &agrave; la pand&eacute;mie alertait alors sur les risques &eacute;pid&eacute;miques mondiaux et sur l&rsquo;&eacute;mergence probable de nouveaux virus de m&ecirc;me nature. Hier apr&egrave;s-midi, en &eacute;coutant la conf&eacute;rence de presse de la ministre de la Sant&eacute;, St&eacute;phanie Rist, difficile de ne pas voir ressurgir les propos du scientifique gardois. Car si l&rsquo;hantavirus n&rsquo;est pas le coronavirus, il ravive forc&eacute;ment des souvenirs encore tr&egrave;s pr&eacute;sents dans les esprits. Ce que l&rsquo;on sait aujourd&rsquo;hui reste limit&eacute;. Et c&rsquo;est pr&eacute;cis&eacute;ment cette part d&rsquo;inconnu qui nourrit les inqui&eacute;tudes. Les autorit&eacute;s sanitaires peinent encore &agrave; mesurer avec pr&eacute;cision les d&eacute;g&acirc;ts que ce virus peut provoquer. L&rsquo;une des principales interrogations concerne sa circulation au sein de la population et le moment exact o&ugrave; une personne devient contagieuse. Une certitude n&eacute;anmoins : il s&rsquo;agit bien d&rsquo;une maladie infectieuse dont la transmission interhumaine est d&eacute;sormais av&eacute;r&eacute;e. Autre sujet de pr&eacute;occupation : l&rsquo;incapacit&eacute;, &agrave; ce stade, &agrave; d&eacute;terminer pourquoi certains patients voient brutalement leur &eacute;tat de sant&eacute; se d&eacute;grader. Ces zones d&rsquo;ombre entretiennent naturellement un climat anxiog&egrave;ne dans une soci&eacute;t&eacute; encore marqu&eacute;e par le traumatisme du Covid. Alors, faut-il redouter le retour du masque ? Du confinement ? D&rsquo;une campagne massive de vaccination ? Pour l&rsquo;heure, rien ne permet de l&rsquo;affirmer. Et c&rsquo;est sans doute la principale diff&eacute;rence avec 2020. Car contrairement au Covid &agrave; ses d&eacute;buts, l&rsquo;hantavirus n&rsquo;est pas totalement inconnu des scientifiques. M&ecirc;me si aucun vaccin n&rsquo;existe aujourd&rsquo;hui pour s&rsquo;en prot&eacute;ger et que l&rsquo;hypoth&egrave;se d&rsquo;une mutation du virus n&rsquo;est plus totalement &eacute;cart&eacute;e. Autour de la ministre, les m&eacute;decins pr&eacute;sents hier ont affich&eacute; une extr&ecirc;me prudence. Une attitude qui tranche avec certains experts m&eacute;diatiques du d&eacute;but de la pand&eacute;mie de Covid, lorsque beaucoup &eacute;voquaient encore une simple &laquo; grippette &raquo;. Cette fois, le ton est plus mesur&eacute;, plus grave aussi. M&ecirc;me si le nombre de cas demeure, &agrave; ce stade, relativement limit&eacute;. Vingt-deux Fran&ccedil;ais, dont plusieurs enfants, sont actuellement concern&eacute;s. Parmi eux, une femme test&eacute;e positive &agrave; l&rsquo;hantavirus se trouve actuellement en r&eacute;animation. Il n&rsquo;y a donc pas mati&egrave;re, aujourd&rsquo;hui, &agrave; c&eacute;der &agrave; la panique. Mais la multiplication des r&eacute;unions minist&eacute;rielles, des prises de parole officielles et des conf&eacute;rences de presse montrent clairement une chose : au sommet de l&rsquo;&Eacute;tat, cette nouvelle menace sanitaire est prise avec le plus grand s&eacute;rieux.</p>
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