Dossier d'analyse : FAIT DU JOUR Les moustiques mettent les nerfs à rude épreuve
← Retour aux signaux
<p>Des professeurs de sport qui renoncent &agrave; faire cours sur le stade, des sites ferm&eacute;s comme la R&eacute;serve du Petit Rh&ocirc;ne &agrave; Vauvert, des habitants calfeutr&eacute;s derri&egrave;re leurs volets, des terrasses vides malgr&eacute; des temp&eacute;ratures encore tr&egrave;s cl&eacute;mentes&hellip; Depuis quelques jours, les moustiques ont envahi le littoral m&eacute;diterran&eacute;en et rendent fous ses habitants. &quot;<em>C&rsquo;est l&rsquo;un des &eacute;v&eacute;nements les plus significatifs de ces derni&egrave;res ann&eacute;es</em>&quot;, reconna&icirc;t Jean-Claude Mouret, responsable du p&ocirc;le coordination op&eacute;rationnelle de l&rsquo;EID M&eacute;diterran&eacute;e (Entente interd&eacute;partementale pour la d&eacute;moustication).</p>
<p>Dans le Sud de la France, et notamment en Camargue, il y a toujours eu des moustiques, et m&ecirc;me beaucoup. Mais en ce mois d&rsquo;octobre doux et pluvieux, la g&ecirc;ne est &agrave; peine supportable. Au Grau-du-Roi, &agrave; Vauvert, &agrave; Aigues-Mortes, &agrave; Arles ou &agrave; Saint-Gilles... L&agrave; o&ugrave; l&rsquo;on marchait paisiblement, il faut d&eacute;sormais traverser de v&eacute;ritables nuages d&rsquo;insectes. Certains renoncent &agrave; promener leur chien, &agrave; faire du v&eacute;lo... Bref, &agrave; profiter de l&#39;ext&eacute;rieur. Chaque sortie se payant en une pluie de piq&ucirc;res.</p>
<h2>&quot;J&#39;ai fait rentrer toute la Camargue chez moi&quot;</h2>
<p>Le sujet, bien que marronnier, alimente toutes les conversations. &quot;<em>J&rsquo;ai ouvert la porte de chez moi deux minutes, j&rsquo;ai fait rentrer toute la Camargue</em>&quot;, raconte Lucie, une Arl&eacute;sienne qui pr&eacute;f&egrave;re en sourire. D&rsquo;autres sont au bord de la crise de nerfs. Sur les r&eacute;seaux sociaux, beaucoup d&eacute;crivent une situation devenue &quot;<em>invivable</em>&quot; et appellent les pouvoirs publics &agrave; r&eacute;agir. Le paradoxe, c&rsquo;est que les moustiques s&rsquo;&eacute;taient faits plut&ocirc;t discrets cet &eacute;t&eacute;, la canicule ayant ass&eacute;ch&eacute; leurs zones de ponte. C&rsquo;est l&rsquo;automne, et ses pluies diluviennes, qui les a fait d&eacute;ferler sur le bassin m&eacute;diterran&eacute;en.</p>
<p>&quot;<em>Le point de d&eacute;part, ce sont les &eacute;pisodes c&eacute;venol et m&eacute;diterran&eacute;en survenus le 30 septembre puis le 7 octobre</em>, indique Jean-Claude Mouret. <em>Conjugu&eacute;es aux vents marins, ces fortes pr&eacute;cipitations ont entra&icirc;n&eacute; la remise en eau des zones humides littorales qui, jusqu&rsquo;alors, &eacute;taient tr&egrave;s s&egrave;ches. Ces mises en eau ont d&eacute;clench&eacute; des &eacute;closions massives de moustiques communs.</em>&quot; Et le terme &quot;massives&quot; n&rsquo;est pas exag&eacute;r&eacute;. &quot;<em>Les larves peuvent atteindre plusieurs milliers d&rsquo;individus par m&egrave;tre carr&eacute;</em>&quot;, pr&eacute;cise l&#39;expert.</p>
<p>D&eacute;but octobre, l&rsquo;EID a dispos&eacute; d&rsquo;une fen&ecirc;tre d&rsquo;une dizaine de jours, en s&rsquo;adaptant en permanence &agrave; la m&eacute;t&eacute;o, pour traiter dans plusieurs d&eacute;partements. Plus de 1 200 hectares l&rsquo;ont &eacute;t&eacute; dans les Bouches-du-Rh&ocirc;ne et plus de 2 000 dans le Gard, tandis que des op&eacute;rations &eacute;taient aussi men&eacute;es dans l&rsquo;H&eacute;rault, l&rsquo;Aude et les Pyr&eacute;n&eacute;es-Orientales. &quot;<em>Nous avons d&eacute;ploy&eacute; toute notre panoplie pour traiter en quelques jours entre 5 000 et 6 000 hectares : avions, h&eacute;licopt&egrave;res, drones et tous les moyens terrestres, afin de r&eacute;guler au maximum ces &eacute;closions de larves.&quot;</em></p>
<h2>Un traitement larvicide efficace &agrave; 85 %</h2>
<p>Le traitement de l&rsquo;EID agit sur les larves, avant qu&rsquo;elles ne se transforment en moustiques adultes. &Agrave; ce jour, le seul insecticide autoris&eacute; par l&rsquo;Union europ&eacute;enne pour lutter contre la nuisance des moustiques en zones naturelles est le Bti (Bacillus thuringiensis ser. israelensis), un bio-insecticide d&rsquo;origine naturelle. Son efficacit&eacute; est de l&rsquo;ordre de 85 %, donc un traitement laisse toujours &eacute;chapper des moustiques. Sur des centaines d&rsquo;hectares d&rsquo;&eacute;closion, ce r&eacute;sidu de 10 &agrave; 15 % peut repr&eacute;senter, localement, une nuisance consid&eacute;rable. &quot;<em>Oui, la g&ecirc;ne actuelle est insupportable, mais les moustiques que l&rsquo;on subit repr&eacute;sentent les 10 &agrave; 15 % de larves qui ont &eacute;chapp&eacute; au traitement. Imaginez ce que ce serait sans traitement !&quot;,</em> ajoute Jean-Claude Mouret.</p>
<p>Pourquoi y en a-t-il autant ? &quot;<em>C&rsquo;est au regard des densit&eacute;s de larves exceptionnellement &eacute;lev&eacute;es et de l&rsquo;ampleur des surfaces concern&eacute;es. M&ecirc;me si une faible proportion de larves a surv&eacute;cu aux traitements, cela suffit &agrave; provoquer, apr&egrave;s &eacute;mergence, des nuisances importantes.</em>&quot; L&rsquo;intensit&eacute; varie selon les territoires. &quot;<em>La plus forte se situe dans l&rsquo;est de l&rsquo;H&eacute;rault, le Gard et les Bouches-du-Rh&ocirc;ne. On a tous en t&ecirc;te cette image assez marquante de nuages de moustiques au Grau-du-Roi. &Agrave; Arles, par exemple, la nuisance est due &agrave; la pr&eacute;sence &agrave; la fois des esp&egrave;ces rurales qui ont &eacute;clos dans les zones humides et du moustique tigre qui, lui, a b&eacute;n&eacute;fici&eacute; des pr&eacute;cipitations et a &eacute;clos dans nos jardins, dans nos cours car il est bien pr&eacute;sent en zones urbaines.</em>&quot;</p>
<h2>Jusqu&rsquo;&agrave; quand ?</h2>
<p>Un moustique commun vit environ un mois, et le pic d&rsquo;intensit&eacute; de ce genre de prolif&eacute;ration se situe dans les premiers jours. Les nuisances devraient donc diminuer progressivement avec la disparition naturelle des adultes. Mais tant que les temp&eacute;ratures resteront douces, elles continueront de favoriser les insectes. &Agrave; cela s&#39;ajoutent les pr&eacute;visions m&eacute;t&eacute;o. De nouvelles pluies sont en effet attendues la semaine prochaine. &quot;<em>Le maximum qui pouvait &ecirc;tre fait a &eacute;t&eacute; fait. Nous poursuivons la surveillance et restons mobilis&eacute;s</em>&quot;, assure Jean-Claude Moutet.</p>
<p><i>Pour en savoir plus, consultez le <a href="https://www.eid-med.org/">site de l&#39;EID</a>.</i></p>
Ce signal n'a pas encore fait l'objet d'une étude d'impact.
Veuillez patienter 10 à 20 secondes après le clic, l'IA rédige un rapport complet.