Dossier d'analyse : Des prestations électorales impayées

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Tahiti, le 1er avril 2026 - Jules Tehuiarii Tara, candidat aux lĂ©gislatives de 2024, a Ă©tĂ© condamnĂ© par le tribunal Ă  payer ses dettes relatives Ă  l’impression du matĂ©riel Ă©lectoral Ă  la sociĂ©tĂ© Toro’a services photocopies Ă  Paea. “Depuis 2024, il n’a toujours rien payĂ©, mĂȘme pas 100 francs”, confie le gĂ©rant de la sociĂ©tĂ©, alors que Jules Tehuiarii Tara assure : “Je paie toujours mes dettes (
) et cela ne concerne que moi et personne d’autre”.   Le tribunal civil de premiĂšre instance de Papeete a, le 16 mars dernier, condamnĂ© Jules Tehuiarii Tara Ă  payer prĂšs de 500 000 francs Ă  la sociĂ©tĂ© Toro’a services photocopies, gĂ©rĂ©e par Manuarii Barsinas. Cette condamnation est dĂ©sormais suspensive puisque Jules Tehuiarii Tara a fait appel la semaine derniĂšre.    En juin 2024, Jules Tehuiarii Tara s’était prĂ©sentĂ© comme candidat sans Ă©tiquette politique aux lĂ©gislatives sur la deuxiĂšme circonscription (Hitia'a o te Ra, Mahina, Paea, Papara, Raivavae, Rapa, Rimatara, Rurutu, Taiarapu-Est, Taiarapu-Ouest, Teva i Uta et Tubuai). Il a d’ailleurs obtenu 17 voix, soit 0,07 % des suffrages exprimĂ©s sur toute sa circonscription.   RĂ©sidant Ă  Paea, ce dernier s’est rapprochĂ© de la sociĂ©tĂ© Toro’a services photocopies, situĂ©e Ă©galement Ă  Paea, pour notamment l’impression de ses bulletins de vote et de sa profession de foi.   Sauf que ce dernier a laissĂ© une facture de prĂšs de 500 000 francs Ă  la sociĂ©tĂ© Toro’a services photocopies et, depuis deux ans, il a disparu du circuit. “Depuis 2024, il n’a toujours rien payĂ©, mĂȘme pas 100 francs”, indique le gĂ©rant de la sociĂ©tĂ©.   Lors de l’audience, le tribunal a rappelĂ© que la sociĂ©tĂ© Toro’a services photocopies a produit les factures affĂ©rentes au service demandĂ© ainsi “que les Ă©changes intervenus entre les deux parties, notamment des courriels et messages relatifs Ă  la commande et Ă  la rĂ©alisation de ces prestations”.   Le tribunal a Ă©galement mis en avant le fait que Jules Tehuiarii Tara “se borne, pour sa part, Ă  soutenir que la facturation serait abusive sans toutefois produire d’élĂ©ment de nature Ă  Ă©tablir le caractĂšre injustifiĂ© ou excessif des sommes rĂ©clamĂ©es ni justifier du paiement des factures litigieuses”.   Il a ensuite Ă©tabli que la “crĂ©ance invoquĂ©e par la sociĂ©tĂ© (
) apparaĂźt Ă©tablie” et a ainsi condamnĂ© Jules Tehuiarii Tara Ă  payer la facture.


“Je paie toujours mes dettes”

ContactĂ©, Jules Tehuiarii Tara avance que s’il s’acquitte de cette facture, “je serai Ă©pinglĂ©â€ par une des commissions en France dont il ignore le nom. Il ajoute ensuite que le gĂ©rant de la sociĂ©tĂ© “ne comprend pas le fond du dossier (
) je lui ai dit que si je rĂšgle sa facture, aprĂšs je vais dĂ©poser le rapport Ă  Paris, il va avoir les foudres de Paris”.   Selon lui, “la question, ce n’est pas que je ne veux pas payer (
) je paie toujours mes dettes (
) et cela ne concerne que moi et personne d’autre”.   Il avance que dans la deuxiĂšme circonscription, seules les Australes ont reçu les documents “et pas toute la circonscription, il y a des mairies qui n’ont jamais reçu de bulletins, donc il n’a fait que la moitiĂ© du travail, car Ă  Tahiti et Ă  Moorea, il n’a rien fait”.        Il estime que comme il a fait appel, il va donc attendre “la dĂ©cision de la cour d’appel”. â€œLe greffier m’a dit que comme c’est en appel, la dĂ©cision en premiĂšre instance est donc suspendue en attendant un retour du juge de la cour d’appel.”     Ce dernier menace ensuite de saisir le haut-commissaire, lorsque cette affaire sera terminĂ©e, pour “demander qu’il (la sociĂ©tĂ©, NDLR) ne puisse plus imprimer pour les candidats car cette entreprise ne respecte pas le code Ă©lectoral”.


“Un beau parleur”

Le gĂ©rant de Toro’a services photocopies, Manuarii Barsinas, regrette “d’avoir accordĂ© sa confiance Ă  un beau parleur car j'Ă©tais novice dans mon activitĂ© (
) parce que quand il est venu, il s'est prĂ©sentĂ© en tant qu'ex-militaire, bonne personne. Moi je respecte ceux qui se sont engagĂ©s pour l'État, pour l'armĂ©e. Je me suis dit, pourquoi ne pas faire confiance Ă  cette personnalitĂ© et il m'a Ă©galement convaincu qu'il allait payer sa facture”.   Pour le gĂ©rant de Toro’a services photocopies, qui s’adresse au candidat aux lĂ©gislatives de 2024 Jules Tara, “c'est Ă  cause des clients comme toi que les sociĂ©tĂ©s peuvent tomber en faillite”. Il prĂ©cise mĂȘme avoir fait un microcrĂ©dit “pour pouvoir payer mes fournisseurs en papier et Ă©galement pour l’imprimante professionnelle”.   Aujourd’hui, il se dit satisfait de la dĂ©cision du tribunal. “Cela me rassure, car depuis 2024 jusqu'Ă  ce jour, je n'Ă©tais pas bien. Je me dis, la justice, c'est long, car ma trĂ©sorerie a toujours Ă©tĂ© impactĂ©e. Avec cette condamnation, je vais pouvoir rembourser la personne qui m'a aidĂ© et mes comptes vont revenir Ă  zĂ©ro.”   Manuarii Barsinas rappelle que durant toute la procĂ©dure judiciaire, il s’est fait aider par “ses relations pour monter et rĂ©diger chronologiquement le dossier”. Il conseille aux jeunes entrepreneurs comme lui de “ne pas avoir peur d’aller au tribunal tant que tu sais que ce n'est pas toi qui as fautĂ© (
) et que le client n'a pas respectĂ© le contrat. Il faut qu’il assume aussi. Il ne faut pas se laisser faire.”   Ce dernier affirme Ă©galement que dĂšs cette affaire sera close, “je vais attaquer encore derriĂšre parce qu'il a nui Ă  la rĂ©putation de mon activitĂ© en faisant croire que c’est une entreprise en faillite”.


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