Dossier d'analyse : Tokoragi délocalise le prochain conseil municipal de Makemo à Raroia

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Tahiti le 3 avril 2026 – Sur fond de tensions et de litige liĂ©s Ă  la réélection de FĂ©lix Tokoragi, les Ă©lus de Makemo sont convoquĂ©s Ă  la prochaine rĂ©union du conseil municipal ce mardi
 Ă  Raroia. Le conseil municipal Ă©tant public la population se serait dĂ©placĂ©e en nombre, avec de nouveaux risques de dĂ©bordement.   Le 1er avril dernier, le tāvana de Makemo, FĂ©lix Tokoragi, a convoquĂ© les Ă©lus de la commune de Makemo pour la tenue de leur tout premier conseil municipal. La rĂ©union est programmĂ©e ce mardi 7 avril, non sur l’atoll, comme c’est l’usage, mais sur l’üle voisine de Raroia, commune associĂ©e de Makemo.   Pour l’organisation “des dĂ©placements, de l’hĂ©bergement et de la restauration”, FĂ©lix Tokoragi invitait les Ă©lus Ă  confirmer leur prĂ©sence, ainsi que leurs “besoins logistiques” au plus tard le vendredi 3 avril. DĂ©passĂ© ce dĂ©lai “aucune prise en charge logistique ne pourra ĂȘtre garantie”, souligne la missive.   Rappelons que lors de la cĂ©rĂ©monie d’investiture du conseil municipal de Makemo, des chaises ont volĂ©, des insultes et des menaces ont Ă©tĂ© prononcĂ©es par la population prĂ©sente. En dĂ©pit de la majoritĂ© obtenue aux derniĂšres Ă©lections municipales par Vaitiare Fournier (51,6 %), et de la prime majoritaire qui devait normalement lui bĂ©nĂ©ficier, une rĂ©partition qui semble erronĂ©e des siĂšges au conseil municipal et le revirement de deux Ă©lus de la liste arrivĂ©e en tĂȘte (Anna Flores de Raroia et Arthur Graphe de Takume) ont permis au maire sortant, FĂ©lix Tokoragi, de se voir réélu Ă  la tĂȘte de la commune au grand dam des Ă©lecteurs prĂ©sents Ă  cette cĂ©rĂ©monie. Le haut-commissariat a saisi la justice administrative pour contrĂŽler la rĂ©gularitĂ© de cette Ă©lection.   Un conseil “pour cacher des choses sur le plan financier”   L’élue Vaitiare Fournier explique que, sur le principe, la dĂ©localisation du conseil municipal est dans l’ordre des choses. Mais, estime-t-elle, si FĂ©lix Tokoragi l’organise pour le tout premier conseil municipal c’est parce que la population se serait dĂ©placĂ©e en nombre, la rĂ©union Ă©tant publique, avec des risques de dĂ©bordement, comme lors de l’investiture.   Pour cette premiĂšre rĂ©union des Ă©lus, 17 points sont Ă  l’ordre du jour : fixation des indemnitĂ©s de fonction des Ă©lus ; Ă©lection des dĂ©lĂ©guĂ©s au Syndicat pour la promotion des communes (SPCPF), au Syndicat intercommunal Ă  vocation multiple des Tuamotu-Gambier (SIVMTG), prise en charge des frais d’abonnement et de communication des Ă©lus ou encore l’approbation du compte administratif et du compte de gestion du budget principal de 2025, ainsi que celui du budget annexe de l’électricitĂ© exercice 2025.   Vaitiare Fournier estime que ce conseil municipal est “prĂ©cipitĂ©â€ : “Je pense qu'il y a beaucoup de choses que M. Tokoragi voudrait entĂ©riner tout de suite, sans doute pour cacher des choses, surtout sur le plan financier.”   Mais qu’importe, dit-elle, car “si le tribunal administratif me donne raison, la premiĂšre chose que je vais mettre en place, c'est un audit financier Ă  partir de 2014 jusqu’à 2026. J'aimerais savoir tout ce qui s'est fait pendant son mandat, car nous devons rendre des comptes Ă  la population par rapport notamment Ă  l'utilisation de l'argent public”.   “Un sentiment d'apaisement”   Vaitiare Fournier assure que depuis mardi dernier, et la rĂ©union populaire qu'elle a organisĂ©e, Makemo a retrouvĂ© son “calme” la population ayant Ă©tĂ© informĂ©e que des recours sont en instances dont celui du haut-commissaire qui “conteste la rĂ©partition des siĂšges telle qu’elle rĂ©sulte de la proclamation du maire”.   Dans un des courriers que FĂ©lix Tokoragi a envoyĂ© Ă  un des Ă©lus du conseil municipal le 1er avril dernier, il prĂ©cise avoir “procĂ©dĂ© au dĂ©pĂŽt d’une plainte auprĂšs des autoritĂ©s compĂ©tentes afin que toute la lumiĂšre soit faite” sur les dĂ©bordements qui se sont produits lors de la cĂ©rĂ©monie d’investiture.   Un groupe de tāvana des Tuamotu par ailleurs rencontrĂ© le prĂ©sident du Pays, Moetai Brotherson, mercredi soir Ă  la prĂ©sidence, pour faire part de leur inquiĂ©tude. Il y avait notamment l’élu Tavini Tahia Brown, le prĂ©sident du Syndicat intercommunal Ă  vocation multiple des Tuamotu Gambier, Ernest Teagai, deux anciens tāvana de Takume, Georges Estall et Bruno Faatoa, ainsi que le prĂ©sident du Syndicat pour la promotion des communes, Simplicio Lissant.   Tahia Brown dit “se soucier de ce qui se passe” et appelle au calme “toutes les personnes qui sont Ă  Makemo (
) car cette affaire est devant la justice”. Elle dit comprendre leur colĂšre car “la voix du peuple n’a pas Ă©tĂ© respectĂ©e”.   De son cĂŽtĂ© Bruno Faatoa, ancien tāvana de Takume appelle lui aussi Ă  la paix Ă  Makemo. “Il y a beaucoup de paroles lourdes qui ont Ă©tĂ© dites par rapport Ă  aux Ă©lus (
). La population de Takume et de Raroia vit dans la peur.”   Moetai Brotherson s’est associĂ© aux Ă©lus paumotu pour souhaiter le retour de la paix Ă  Makemo. “Les Ă©lections, c'est une chose, mais ces Ăźles, c'est un peu des huis clos. Ils se connaissent tous, ils sont quasiment tous fetii, et ce genre de situations, il ne faut pas que ça perdure.” Avec le recours de Vaitiare Fournier ainsi que celui du haut-commissaire, qui conteste la rĂ©partition des siĂšges au sein du conseil municipal, Moetai Brotherson pense que “l'Ă©lection aura Ă  nouveau lieu, et puis on verra ce qui en sortira”.



“À l'Ă©poque c'Ă©tait juste du pape fafaru” AprĂšs chaque Ă©lection municipale, il y a toujours eu de la bagarre. Mais aujourd'hui, c'est montĂ© de deux crans. Il y a eu des menaces. À l'Ă©poque c'Ă©tait juste du pape fafaru. Il faut savoir que la commune de Makemo est la seule commune oĂč parfois on est obligĂ© de dĂ©localiser l'endroit pour Ă©lire le maire. C'est ce qui s'est passĂ© quand on avait Ă©lu tāvana Michel Yip car les gens Ă©taient rĂ©voltĂ©s, on a toujours eu ce schĂ©ma aprĂšs les Ă©lections (
). Je suis profondĂ©ment inquiet et Ă  la fois traumatisĂ© de ce qui est arrivĂ© Ă  nos Ă©lus. Ils sont partis c’était pour sauver leur peau (
). Ils ont agi ainsi car il nous faut absolument avoir un titre (
) pour se faire entendre car quand tu n’as aucun titre tu n’as rien. Tu ne peux mĂȘme pas parler on va te faire taire. Avec leur titre ils pourront prĂ©senter des projets, par rapport au budget ils pourront avoir un petit peu plus d’argent par rapport Ă  avant (
). Nous sommes tellement Ă©loignĂ©s de Makemo (
) il faudrait peut-ĂȘtre penser Ă  nous donner cette libertĂ©-lĂ  d'ĂȘtre autonome avec la dĂ©fusion.”


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