Dossier d'analyse : ARLES EN FERIA Une goyesque qui répond aux attentes : triomphes et émotions
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<img src="https://medias.objectifgard.com/api/v1/images/view/6aa5a8f2e556d15ca1062b73/article/image.jpg" alt="Corrida goyesque de Jandilla pour Juan Ortega, Andrés Roca Rey et Marco Pérez (Photo Anthony Maurin)">
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La piste de la corrida goyesque d&#39;Ars&egrave;ne Welkin (Photo Anthony Maurin)
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<p>La corrida goyesque a plus de 20 ans et elle est devenue, au fil des saisons et des artistes choisis, une r&eacute;f&eacute;rence culturelle quand on parle d&rsquo;art et de toros. En France comme &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger d&rsquo;ailleurs !</p>
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<img src="https://medias.objectifgard.com/api/v1/images/view/6aa5a8f77736f728a70fa32e/article/image.jpg" alt="Corrida goyesque de Jandilla pour Juan Ortega, Andrés Roca Rey et Marco Pérez (Photo Anthony Maurin)">
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Le paseo de la corrida goyesque de Jandilla pour Juan Ortega, Andr&eacute;s Roca Rey et Marco P&eacute;rez (Photo Anthony Maurin)
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<p>Dans un amphith&eacute;&acirc;tre mill&eacute;naire, avec un public ayant des envies d&rsquo;art et d&eacute;sireux de voir des triomphes, cette course a pris son envol. Les plus grands artistes sont venus &agrave; laisser leur trace d&eacute;l&eacute;bile sur le sable intemporel. Un moment &agrave; jamais fix&eacute;s dans les t&ecirc;tes et les yeux de certains, quelques instants et images abandonn&eacute;s &agrave; l&rsquo;&eacute;ternit&eacute; d&rsquo;un souvenir.</p>
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Le premier de Jandilla (Photo Anthony Maurin)
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<p>Les ar&egrave;nes sont quasi pleines, il fait chaud, beau, les gens sont l&agrave; pour &laquo; kiffer &raquo;.</p>
<p>En 2026, c&rsquo;est un Parisien qui bosse &agrave; Arles qui s&rsquo;est occup&eacute; de la d&eacute;coration de la piste et des burladeros. Une &oelig;uvre monumentale pour le trentenaire Ars&egrave;ne Welkin.</p>
<p>Habituellement, son &oelig;uvre prend forme &agrave; travers des natures mortes et des portraits, o&ugrave; des figures famili&egrave;res c&ocirc;toient des &ecirc;tres imaginaires, souvent impr&eacute;gn&eacute;s de traditions et de r&eacute;f&eacute;rences historiques. La figure du torero constitue ainsi un motif r&eacute;current dans son travail. Il aborde par cette occasion la tauromachie comme une m&eacute;taphore du geste artistique.</p>
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Juan Ortega (Photo Anthony Maurin)
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<p>Pour se souvenir, il faut se m&ecirc;ler &agrave; la f&ecirc;te et Juan Ortega a mis la jambe. Quelques heures avant le paseo, il &eacute;tait avec sa &laquo; base &raquo;, ses admirateurs, pour une s&eacute;ance sociale qui a pu le mettre dans la bonne humeur. Le S&eacute;villan de 36 ans a son public mais il est toujours bon de le rameuter avant un tel rendez-vous ! Juan Ortega fera montre de bonne volont&eacute; face &agrave; une peinture de toro. L&rsquo;Espagnol ira avec le c&oelig;ur, il nous donnera plus que d&rsquo;habitude et fera voir quelques d&eacute;tails qui laissent imaginer une faena pleine de sa part. Avant d&rsquo;en arriver &agrave; la muleta, c&rsquo;est sans doute au capote qu&rsquo;il fera la meilleure impression. La faena va a menos, le public veut l&rsquo;oreille mais la p&eacute;tition n&rsquo;est pas majoritaire. Oreille de bienvenue et de lancement de course. Personne ne criera au scandale !</p>
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Juan Ortega (Photo Anthony Maurin)
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<p>Avec son second de Jandilla (qui se casse la corne et qui sera remplac&eacute; par une pupille de Sorando Herranz), Juan Ortega montrera autre chose. Son toreo artistique mais classique et tr&egrave;s assum&eacute; reprend le dessus. La lidia n&rsquo;est pas terrible, les errances sont multiples. Le toro n&rsquo;y met pas du sien, l&rsquo;alchimie ne prend pas, la faena est plate mais, parfois, rehauss&eacute;e d&rsquo;un sublime d&eacute;tail. Peu, mais parfois. Les tendidos ne semblent pas voir, sont-ils ailleurs ? Les aficionados laissent passer l&rsquo;affaire dans un silence de tribunal inquisiteur. Silence.</p>
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<img src="https://medias.objectifgard.com/api/v1/images/view/6aa5a90a7736f728a70fa330/article/image.jpg" alt="Corrida goyesque de Jandilla pour Juan Ortega, Andrés Roca Rey et Marco Pérez (Photo Anthony Maurin)">
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Andr&eacute;s Roca Rey&nbsp;(Photo Anthony Maurin)
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<p>Andr&eacute;s Roca Rey revient en terre arl&eacute;sienne pour cette corrida goyesque. Une course qu&rsquo;il appr&eacute;cie, une ambiance qu&rsquo;il aime et pour laquelle il lui arrive de se transcender. L&rsquo;aficion attend cela de la part d&rsquo;une figura del toreo, une locomotive de la tauromachie moderne. Un premier toro et une premi&egrave;re oreille. On le sent aff&ucirc;t&eacute;, d&eacute;cid&eacute;, la machine est en marche. Il tombe sur un bon toro du second fer de la maison, Vergahermosa, et s&rsquo;implique totalement pour d&eacute;buter et finir sa faena sur des notes spectaculairement sobres et sinc&egrave;res. On voit l&rsquo;&eacute;tendue de son talent qu&rsquo;il d&eacute;balle au vu et au su de tous. Les applaudissements sont l&agrave;. Belle &eacute;p&eacute;e. Oreille.</p>
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Andr&eacute;s Roca Rey (Photo Anthony Maurin)
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<p>Avec le cinqui&egrave;me de la tarde (qui aura droit &agrave; une vuelta &agrave; titre posthume) le P&eacute;ruvien nous fera peur, tr&egrave;s peur. Mais il coupera le rabo de son excellent toro de Jandilla, un certain Vicioso ! Un combat ? Un duel ? Oui, c&rsquo;&eacute;tait presque parfait ! Voil&agrave; un toro bravo qui &eacute;tait noble, un coriace dans la charge qui savait &ecirc;tre doux dans la muleta. Et on parle du toro&hellip; Roca Rey a, lui aussi, montr&eacute; au public qu&rsquo;il &eacute;voluait dans une dimension parall&egrave;le. Parlons &agrave; la premi&egrave;re personne. De m&eacute;moire, je n&rsquo;ai pas souvenir d&rsquo;avoir vu un torero rester aussi longtemps suspendu &agrave; une corne, virevoltant dans le ciel assombri, balayant le sable comme un pantin. La corne se coince dans le chaleco du maestro qui ne peut rien faire d&rsquo;autre qu&rsquo;attendre que ses subalternes viennent l&rsquo;en d&eacute;crocher. Terrible vision. Heureusement, Roca Rey &eacute;chappe au pire, reprend ses esprits et revient sur le ring. Son regard n&rsquo;est pas hagard, non, il est machinal. Comme un commando qui va sur le terrain d&rsquo;op&eacute;ration. Le P&eacute;ruvien s&rsquo;oublie, se livre, le toro aussi, l&rsquo;&eacute;motion est l&agrave; et cela suffit au plaisir de chacun. Toutes les passes sont d&eacute;clin&eacute;es avec go&ucirc;t mais le couteau entre les dents. Un r&eacute;gal. Juste parfait, merci. Rabo et vuelta al ruedo.</p>
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<img src="https://medias.objectifgard.com/api/v1/images/view/6aa5a910e17b4aa9fb0674bc/article/image.jpg" alt="Corrida goyesque de Jandilla pour Juan Ortega, Andrés Roca Rey et Marco Pérez (Photo Anthony Maurin)">
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Marco P&eacute;rez (Photo Anthony Maurin)
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<p>Marco P&eacute;rez est le troisi&egrave;me du cartel. Il est logique, pour les aficionados qui l&rsquo;ont d&eacute;j&agrave; vu, de le voir compl&eacute;ter ce cartel. Le jeune a tout &agrave; prouver, il a du caract&egrave;re, il est bourr&eacute; d&rsquo;envie et de passion et il est dans une p&eacute;riode o&ugrave; il doit montrer tout cela d&rsquo;un coup pour rester au centre du ruedo et des attentions. Il n&rsquo;attendra pas bien longtemps pour signifier qu&rsquo;il est &agrave; la bonne place en coupant les deux oreilles de son Jandiilla qui fera lui aussi une vuelta al ruedo tout aussi m&eacute;rit&eacute;e que celle de Vicioso. Jandilla aura sorti un sacr&eacute; lot ! Cependant, qui dit bon toro, dit que les maestros doivent &ecirc;tre &agrave; la hauteur et Marco P&eacute;rez s&rsquo;est transcend&eacute;. De son premier pas en piste &agrave; son &eacute;p&eacute;e, rien &agrave; redire. Le jeune diestro a compris Arles et son public. Un coup les genoux &agrave; terre, un coup le toro dans le dos, un coup une naturelle sortie de nulle part, dix secondes plus tard un retour dans les cornes&hellip; Deux oreilles m&eacute;rit&eacute;es et une belle vuelta al ruedo ! &Ccedil;a commence &agrave; faire beaucoup de choses m&eacute;rit&eacute;es pour une seule course&hellip; mais tant mieux !</p>
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<img src="https://medias.objectifgard.com/api/v1/images/view/6aa5a914a0c9dc020e03fb8f/article/image.jpg" alt="Corrida goyesque de Jandilla pour Juan Ortega, Andrés Roca Rey et Marco Pérez (Photo Anthony Maurin)">
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Marco P&eacute;rez (Photo Anthony Maurin)
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<p>Dernier Jandilla de la tarde et Marco P&eacute;rez se montrera &agrave; son avantage mais le toro sera moins inspir&eacute; que ses cong&eacute;n&egrave;res. Sans jamais rompre, Marco P&eacute;rez &agrave; l&rsquo;intelligence de savoir bricoler et &ccedil;a lui pla&icirc;t. Si ce toro ne lui donne pas pleine satisfaction, ne vous inqui&eacute;tez pas, il fera en sorte que &ccedil;a change. Il brinde son opposant &agrave; Andr&eacute;s Roca Rey et met en route sa machine. Le &laquo; petit &raquo; se fait grand et son savoir, avec le toro, commence &agrave; plaire. Il voit les recours et les &eacute;chappatoires. Belle d&eacute;monstration de courage et de patience. Silence mais&hellip; On l&rsquo;a vu bien !</p>
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<img src="https://medias.objectifgard.com/api/v1/images/view/6aa5a8fb78bfc783a5050306/article/image.jpg" alt="Corrida goyesque de Jandilla pour Juan Ortega, Andrés Roca Rey et Marco Pérez (Photo Anthony Maurin)">
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Sortie a hombros pour Andr&eacute;s Roca Rey et Marco P&eacute;rez (Photo Anthony Maurin)
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