Dossier d'analyse : ARLES EN FERIA Emmudecido et Garrido en état de grâce
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<img src="https://medias.objectifgard.com/api/v1/images/view/6aa6f41b674af0f65d0e0a08/article/image.jpg" alt="Corrida de Pagès-Mailhan pour Juan Leal, José Garrido et Diego San roman (Photo Anthony Maurin)">
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Double triomphe pour Jos&eacute; Garrido et la ganaderia Pag&egrave;s-Mailhan&nbsp;(Photo Anthony Maurin)
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<p>Les corridas de cl&ocirc;ture de feria sont toujours un moment tout aussi intense &agrave; programmer qu&rsquo;&agrave; vivre. L&rsquo;empresa Jean-Baptiste Jalabert a pris l&rsquo;habitude de mettre en avant une ganaderia locale, fran&ccedil;aise en tout cas, et de donner leur chance &agrave; des maestros qui le m&eacute;ritent.</p>
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<img src="https://medias.objectifgard.com/api/v1/images/view/6aa6f45259a519c5ea016900/article/image.jpg" alt="Corrida de Pagès-Mailhan pour Juan Leal, José Garrido et Diego San roman (Photo Anthony Maurin)">
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En famille pour profiter du moment apr&egrave;s tant d&#39;ann&eacute;es d&#39;abn&eacute;gation et de passion&nbsp;(Photo Anthony Maurin)
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<p>Les toros comme les toreros du jour ne font pas mentir cette envie et pourraient bien proposer un spectacle des plus int&eacute;ressants. Il fait beau et bon, le week-end a &eacute;t&eacute; festif et avant de revenir au boulot une derni&egrave;re course peut offrir un moment plus que plaisant.</p>
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<img src="https://medias.objectifgard.com/api/v1/images/view/6aa6f420a9ad390bdd02eab1/article/image.jpg" alt="Corrida de Pagès-Mailhan pour Juan Leal, José Garrido et Diego San roman (Photo Anthony Maurin)">
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Emmudecido de Pag&egrave;s-Mailhan &agrave; la sortie du toril (Photo Anthony Maurin)
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<p>Le lot de Pag&egrave;s-Mailhan aura tenu ses promesses avec le troisi&egrave;me de la tarde qui a fait tomber un mouchoir bleu du palco et le cinqui&egrave;me, Emmudecido, le mouchoir orange synonyme de gr&acirc;ce. Les deux composaient le lot d&rsquo;un petit chanceux qui n&rsquo;a pas laiss&eacute; passer l&rsquo;opportunit&eacute;, Jos&eacute; Garrido.</p>
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<img src="https://medias.objectifgard.com/api/v1/images/view/6aa6f42754c7c2e3d80bdb2f/article/image.jpg" alt="Corrida de Pagès-Mailhan pour Juan Leal, José Garrido et Diego San roman (Photo Anthony Maurin)">
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Juan Leal&nbsp;(Photo Anthony Maurin)
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<p>Juan Leal a son public. Oui, il est Arl&eacute;sien, mais oui, aussi, il montre des choses que d&rsquo;autres n&rsquo;osent pas d&eacute;voiler. Lui, c&rsquo;est la force, la puissance, le courage. Des valeurs que l&rsquo;aficion appr&eacute;cie quand on ne fait pas d&rsquo;esbroufe. Jean Leal a prouv&eacute; que son toreo de verdad avait sa place en feria, preuve en est le nombre d&rsquo;ar&egrave;nes espagnoles qui lui font confiance. Il tombe sur un bon premier toro qu&rsquo;il accueille au capote avec douceur et tact. Juan Leal, avec la muleta, lance la course par ce qu&rsquo;il sait faire de mieux : montrer son courage et se mettre dans les cornes. Les terrains ne sont pas toujours les bons, une belle cogida et la frayeur qui va avec, l&rsquo;Arl&eacute;sien coupe une oreille.</p>
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Juan Leal (Photo Anthony Maurin)
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<p>L&rsquo;an pass&eacute; avec un excellent Excalibur de Marg&eacute;, Steven, c&rsquo;est le pr&eacute;nom civil de Juan Leal, a su se montrer &agrave; la hauteur, c&rsquo;est pour cette raison qu&rsquo;il est pr&eacute;sent cette ann&eacute;e &agrave; ce cartel. Pour r&eacute;&eacute;diter une performance exceptionnelle. Avec son second toro de Pag&egrave;s-Mailhan, Leal n&rsquo;aura pas de chance. Il l&rsquo;attend face au toril et les genoux en terre, le toro passe, c&rsquo;est ce qu&rsquo;il continuera de faire mais une fois la muleta dans le muffle. Toujours au capote, Juan Leal r&eacute;gale et propose une s&eacute;rie remarquable. H&eacute;las pour lui, le toro sortira de la muleta &agrave; chaque s&eacute;rie sans que le pi&eacute;ton lui ait demand&eacute;. Petit probl&egrave;me r&eacute;current de l&rsquo;&eacute;levage, il fallait bien un exemplaire comme &ccedil;a pour en fait trois ou quatre autres tr&egrave;s int&eacute;ressants. Salut.</p>
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<img src="https://medias.objectifgard.com/api/v1/images/view/6aa6f42ee7682bd4e0052c53/article/image.jpg" alt="Corrida de Pagès-Mailhan pour Juan Leal, José Garrido et Diego San Roman (Photo Anthony Maurin)">
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Jos&eacute; Garrido&nbsp;(Photo Anthony Maurin)
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<p>Jos&eacute; Garrido est apod&eacute;r&eacute; par un maestro qui a aim&eacute; Arles et ses courses piquantes. En effet, c&rsquo;est Domingo Lopez Chaves qui est l&rsquo;apoderado du natif de Badajoz. Lors de ses cinq premi&egrave;res ann&eacute;es de doctorat, il tor&eacute;ait une vingtaine (voire trentaine) de corridas par temporada. Depuis la Covid, il d&eacute;file pour une dizaine de paseo par saison. Une baisse qui ne le d&eacute;courage pas et qui lui permet de laisser une porte entrouverte en cas de gros succ&egrave;s. Dix ans apr&egrave;s avoir confirm&eacute; son alternative &agrave; N&icirc;mes, il arrive &agrave; Arles pour cl&ocirc;turer une feria du Riz d&rsquo;importance. Et le maestro, pour le moins, a eu la main chanceuse au sorteo ! Premier acte. Il est oppos&eacute; &agrave; un certain Jurador qui est plus que bien re&ccedil;u au capote. Quel toro sur la main gauche ! Et quelle main gauche pour Garrido ! Ce toro est classieux, doux, puissant, on sentait en lui une flamme anim&eacute;e et Garrido a sur l&rsquo;attiser avec brio. Garrido aurait pu se d&eacute;monter mais il se recentre et avance, s&eacute;rie apr&egrave;s s&eacute;rie. Passant de la droite pour revenir sur la gauche, inlassablement, Jurador et Garrido se comprennent mais une seule oreille tombera du palco et la vuelta &agrave; titre posthume sera gratt&eacute;e par&nbsp;un public d&eacute;sireux de r&eacute;compenser, &agrave; juste titre, ce toro et cet instant.</p>
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<img src="https://medias.objectifgard.com/api/v1/images/view/6aa6f43227e41b94fa0922a3/article/image.jpg" alt="Corrida de Pagès-Mailhan pour Juan Leal, José Garrido et Diego San roman (Photo Anthony Maurin)">
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Jos&eacute; Garrido et Emmudecido (Photo Anthony Maurin)
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<p>Jos&eacute; Garrido poursuit son effort et sur le cinqui&egrave;me de la tarde et les tendidos comprennent ce qu&rsquo;il est en train d&rsquo;essayer m&ecirc;me si personne n&rsquo;a d&ucirc; le voir arriver. Vous connaissez la fin, il n&rsquo;y en a pas. L&rsquo;indulto sera act&eacute;, logique. Quand un toro comme Emmudecido passe, on ne doit pas le laisser sans trop de descendants. Un toro qui avait tout ou presque. Comme ses cong&eacute;n&egrave;res, la pr&eacute;sentation est au cordeau, id&eacute;ale. Sous les assauts du piquero ? Il brille par sa bravoure placide et r&eacute;sistante. Il transmet d&eacute;j&agrave;. Quand Garrido le comprend, il sait o&ugrave; il va l&rsquo;embarquer. Une danse &agrave; deux pour un avenir &eacute;ternel. &Ecirc;tre centr&eacute;, ne pas surjouer, montrer toutes les qualit&eacute;s du toro et souligner les &eacute;motions qu&rsquo;un combat peut produire, c&rsquo;est l&agrave; tout le savoir d&rsquo;un Garrido partageur. Le maestro s&rsquo;est abandonn&eacute; en laissant Emmudecido, qu&rsquo;il avait brind&eacute; &agrave; Jean-Baptiste Jalabert, faire ce qu&rsquo;il avait &agrave; faire. Lui ? Il en a fait de m&ecirc;me et les deux se sont rejoints devant un public qui n&rsquo;attendait que &ccedil;a. Un bravo qui est noble, un noble qui est bravo. La profondeur atteinte par ce ballet a d&ucirc; faire vibrer quelques c&oelig;urs. C&rsquo;est pour cela que l&rsquo;aficion va aux ar&egrave;nes. Au ganadero, &agrave; ses proches, &agrave; sa famille, aux b&eacute;n&eacute;voles qui donnent la main, merci. Au maestro qui s&rsquo;entra&icirc;ne et qui conna&icirc;t l&rsquo;ingratitude, l&rsquo;oubli ou encore l&rsquo;injustice, merci.</p>
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<img src="https://medias.objectifgard.com/api/v1/images/view/6aa6f4362214fd2cd3007d2a/article/image.jpg" alt="Corrida de Pagès-Mailhan pour Juan Leal, José Garrido et Diego San Roman (Photo Anthony Maurin)">
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Diego San Roman (Photo Anthony Maurin)
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<p>Mexicain natif de Quer&eacute;taro, Diego San Roman a 30 ans, des r&ecirc;ves plein les yeux et des envies plein les dents ! Voil&agrave; un an qu&rsquo;il a confirm&eacute; &agrave; Las Ventas et depuis sa carri&egrave;re n&rsquo;a cess&eacute; de prendre de l&rsquo;ampleur. On le voit peu mais &agrave; chacun de ses paseos les tendidos s&rsquo;en souviennent. Si Garrido a eu de la chance au sorteo, disons que Diego San Roman, sans &ecirc;tre poissard, n&rsquo;a pas eu autant de joie &agrave; combattre ses opposants. Il n&rsquo;a cependant jamais rechign&eacute; et s&rsquo;est montr&eacute; s&eacute;rieux, professionnel et par moments tr&egrave;s plaisant. Pas s&ucirc;r qu&rsquo;il ait compris ce que le toro lui sugg&eacute;rait, mais, comme Garrido sur son premier, Diego San Roman a d&eacute;ploy&eacute; tout son savoir sur une ou deux s&eacute;ries gauch&egrave;res sublim&eacute;es. Salut.</p>
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<img src="https://medias.objectifgard.com/api/v1/images/view/6aa6f43dd1cca41a480c4304/article/image.jpg" alt="Corrida de Pagès-Mailhan pour Juan Leal, José Garrido et Diego San Roman (Photo Anthony Maurin)">
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Diego San Roman (Photo Anthony Maurin)
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<p>Comme ce fut le cas pour Juan Leal, l&rsquo;empresa a tenu &agrave; r&eacute;p&eacute;ter le Mexicain qui a donn&eacute; pleinement satisfaction l&rsquo;an pass&eacute; sans pour autant pouvoir sortir en triomphe avec ses compagnons de cartel. Il sait faire dans le tremendisme mais aussi dans la technique pure. Avec le dernier toro de la feria, Diego San Roman sera applaudi. Il avait connu des hauts et des bas lors de son premier duel, idem, le Mexicain ne parvient jamais vraiment &agrave; se lier &agrave; la charge du toro. Alors, que fait-il ? Il se met dans les cornes et joue au c&oelig;ur de terrain miniatures qui rehausse sa faena. L&rsquo;oreille aurait pu tomber, le palco reste de marbre. Applaudissements.</p>
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Emmudecido de Pag&egrave;s-Mailhan sous le fer (Photo Anthony Maurin)
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