Dossier d'analyse : Tourisme nautique : les jeunes au cƓur de la stratĂ©gie de recrutement du Pays

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Tahiti, le 10 septembre 2026. Ils sont plus de 300 collĂ©giens de Tahiti et Moorea Ă  ĂȘtre montĂ©s ce jeudi matin Ă  bord de l’Aranui pour en savoir plus sur les mĂ©tiers du tourisme nautique. Dans le cadre de Tātai 2026, initiĂ© par les ministĂšres du Tourisme et de l’Éducation, ces matinĂ©es du tourisme nautique ont un objectif de donner envie aux jeunes de rejoindre ce secteur.   Moearoti, lui, a dĂ©jĂ  une idĂ©e bien prĂ©cise de ce qu’il voudrait faire plus tard. Le jeune garçon souhaite devenir guide touristique. Mais mĂȘme lorsqu’un choix d’orientation semble dĂ©jĂ  arrĂȘtĂ©, dĂ©couvrir d’autres mĂ©tiers permet de mieux comprendre un secteur et les possibilitĂ©s qu’il offre. “Je suis content de voir d’autres mĂ©tiers moins communs, comme mĂ©canicien ou le service mĂ©nage”, dĂ©taille-t-il. Des mĂ©tiers parfois difficiles, voire dangereux, qui demandent aussi beaucoup de savoir-faire. “Ce sont des mĂ©tiers avec des mains minutieuses. C’est trĂšs enrichissant de voir ça”, poursuit l’élĂšve. Avec Minovah, sa guide du jour, il a dĂ©jĂ  pu dĂ©couvrir prĂšs de la moitiĂ© du bateau et en apprendre davantage sur les compĂ©tences techniques nĂ©cessaires pour travailler Ă  bord.   À quelques mĂštres de lui, Natihere, Ă©galement au collĂšge de Ārue, est elle aussi trĂšs intĂ©ressĂ©e par sa visite. Elle sait cependant qu’une carriĂšre dans la navigation pourrait ĂȘtre compliquĂ©e pour elle Ă  cause de son mal de mer. Cela ne l’empĂȘche pas de s’intĂ©resser aux mĂ©tiers prĂ©sentĂ©s Ă  bord et de dĂ©couvrir qu’il existe bien d’autres possibilitĂ©s.   C’est justement l’un des objectifs de cette matinĂ©e consacrĂ©e au tourisme nautique, organisĂ©e pour la premiĂšre fois par les deux Campus des mĂ©tiers et des qualifications du territoire, HĂŽtellerie-Restauration-Tourisme du Pacifique et Campus de la Mer. BaptisĂ©e Tātai 2026, elle est financĂ©e par les ministĂšres du Tourisme et de l’Éducation. La ministre de l’Éducation Samantha Bonet-Tirao ainsi que le prĂ©sident du Pays Moetai Brotherson Ă©taient prĂ©sents Ă  cette journĂ©e. Quinze groupes et classes de Tahiti, ainsi que du stagiaires du CFPA (Centre de formation professionnelle pour adultes), qui n’étaient pas prĂ©vus initialement, ont participĂ© soit plus de 300 jeunes.


​ DĂ©couvrir l’envers du dĂ©cor




Le secteur du tourisme nautique et de la croisiĂšre prĂ©voit une augmentation de l’activitĂ© de l’ordre de 30 % d’ici l’annĂ©e prochaine. À l’avenir, les professionnels auront donc besoin de recruter davantage localement.   À bord de l’Aranui, hĂŽte de l’évĂ©nement, les mĂ©tiers de la navigation et de la mĂ©canique cĂŽtoient ceux de l’hĂŽtellerie, de la restauration, du mĂ©nage, du service, de l’animation ou encore de l’accompagnement des visiteurs. “On veut montrer les diffĂ©rents mĂ©tiers sur l’Aranui, donner envie de rejoindre le tourisme nautique en prĂ©sentant les mĂ©tiers”, expose Ornella PaysĂ©, DRH de l'Aranui.   Une confĂ©rence Ă©tait Ă©galement organisĂ©e pour les Ă©tudiants du BTS de l’École hĂŽteliĂšre de Tahiti et de la licence professionnelle tourisme de l’UniversitĂ©. Jean-Baptiste Schneider, historien et enseignant-chercheur spĂ©cialiste de l’alimentation Ă  bord des navires, a abordĂ© l’évolution de la gastronomie Ă  bord des paquebots. Au menu, choucroute et pastillage, mais pas seulement puisque l’historien a Ă©galement expliquĂ© comment les cuisines des bateaux ont Ă©voluĂ© au fil du temps, notamment leur taille et leur organisation.


​ Du navire au job-dating




  Le prochain rendez-vous de Tātai 2026 est fixĂ© au mardi 15 septembre, de 8h30 Ă  11h30, au terminal de croisiĂšres de Papeete. Cette fois, il s’agira de mettre en relation les professionnels et les personnes susceptibles de rejoindre le secteur. Quatre compagnies de croisiĂšre vont ĂȘtre conviĂ©es Ă  prĂ©senter leur entreprise, leur histoire et leurs besoins en recrutement. Parmi elles, Le Ponant, Windstar, Tuhaa Pae et l’Aranui.   AprĂšs avoir observĂ© les mĂ©caniciens, les Ă©quipes de mĂ©nage, les guides, les barmen ou encore les professionnels de la restauration Ă  bord de l’Aranui, les jeunes devront se demander si leur futur mĂ©tier ne se trouve pas sur un bateau.









MaĂŻa Tunoa : “Si j’ai rĂ©ussi, vous pouvez”




Parmi les professionnels de l'Aranui venus Ă©changer avec les jeunes, MaĂŻa Tunoa a partagĂ© son expĂ©rience. Celle qui avait dĂ©jĂ  fait l’objet d’un reportage dans nos colonnes est aujourd’hui directrice. MaĂŻa Tunoa a notamment travaillĂ© sur des bateaux comptant jusqu’à 800 membres d’équipage, leur a surtout parlĂ© de motivation et de persĂ©vĂ©rance. Elle a notamment racontĂ© une anecdote de ses dĂ©buts comme femme de mĂ©nage Ă  bord. Une supĂ©rieure lui avait alors demandĂ© de nettoyer tous les toilettes du paquebot avec une brosse Ă  dents parce qu’elle estimait qu’elle avait mal fait son travail. “Je l’ai fait. Aujourd’hui, je suis directrice, au plus haut dans la hiĂ©rarchie. Je l’ai recroisĂ©e depuis et je l’ai remerciĂ©e.” Une histoire qui a fait Ă©cho auprĂšs des lycĂ©ens et des Ă©tudiants prĂ©sents. “Si j’ai rĂ©ussi, vous pouvez”, leur a-t-elle lancĂ© comme un challenge.


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