Dossier d'analyse : FAIT DU JOUR Joachim Cadenas, triplé inédit
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<p>Ce vendredi 11 septembre, Joachim Cadenas fera son grand retour en piste apr&egrave;s <a href="https://www.objectifsud.fr/actualites/course-camarguaise-joachim-cadenas-lourdement-sanctionne-par-la-fede-167865.php">45 jours de suspension</a>. Le crochet lui a manqu&eacute;, les taureaux aussi - et c&#39;est peu dire qu&#39;il a h&acirc;te d&#39;y revenir. En attendant, il a profit&eacute; de ce d&eacute;but de semaine pour filer &agrave; Madrid, chez le sastre, se faire tailler un nouvel habit de lumi&egrave;res. Un d&eacute;placement qui, &agrave; lui seul, r&eacute;sume assez bien le personnage : Joachim Cadenas n&#39;a jamais eu peur de sortir des sentiers battus, et c&#39;est pr&eacute;cis&eacute;ment ce qui a fait de lui une figure &agrave; part dans l&#39;univers taurin.</p>
<p>Raseteur vedette d&#39;abord - il a d&eacute;croch&eacute; sa huiti&egrave;me Cocarde d&#39;Or cette ann&eacute;e -, torero ensuite, depuis ses d&eacute;buts en novillada piqu&eacute;e au Mexique l&rsquo;an dernier, et d&eacute;sormais organisateur de corridas, il encha&icirc;ne les casquettes avec une aisance qui pourrait presque para&icirc;tre d&eacute;routante. C&#39;est d&#39;ailleurs lui qui, aux c&ocirc;t&eacute;s de l&#39;empresa Carlos Z&uacute;&ntilde;iga, a sign&eacute; le coup de ma&icirc;tre de l&#39;automne : le mano a mano Morante-Clemente, pr&eacute;vu le 10 octobre dans les ar&egrave;nes de Palavas. Un parcours qui semble tentaculaire de l&#39;ext&eacute;rieur, mais pour Cadenas, la logique est limpide : tous les chemins m&egrave;nent au taureau.</p>
<h2>&quot;&Ccedil;a fait partie du destin&quot;</h2>
<p>&quot;<em>C&#39;est une raison de vivre pour moi que d&#39;&ecirc;tre dans l&#39;ar&egrave;ne avec les taureaux, de raseter, de tor&eacute;er</em>&quot;, lance-t-il d&#39;embl&eacute;e, &agrave; la veille de son retour, quand on l&#39;interroge sur son &eacute;tat d&#39;esprit. Le raset et les taureaux lui ont, dit-il, &quot;<em>&eacute;norm&eacute;ment manqu&eacute;</em>&quot;. Mais loin d&#39;&ecirc;tre v&eacute;cue comme un simple manque, cette parenth&egrave;se forc&eacute;e s&#39;est transform&eacute;e en une p&eacute;riode riche de &quot;<em>moments de tauromachie inoubliables</em>&quot;. &quot;<em>Cette suspension m&#39;a peut-&ecirc;tre &eacute;vit&eacute; un gros coup dur. Elle m&#39;a aussi permis d&#39;aller en Espagne plusieurs fois</em>&quot;, explique-t-il, avant de r&eacute;sumer simplement : &quot;<em>Au final, je me dis que &ccedil;a fait partie du destin.</em>&quot;</p>
<p>Il y a quelques jours encore, &agrave; Aranjuez, &quot;<em>de grands taureaux et de grands toreros l&#39;ont rempli d&#39;&eacute;motions</em>&quot;. En France aussi, il a multipli&eacute; les tientas et les toros en priv&eacute; ces derni&egrave;res semaines. De quoi nourrir, m&ecirc;me &agrave; l&#39;arr&ecirc;t, sa passion intacte. Adepte du verre &agrave; moiti&eacute; plein, Joachim Cadenas r&eacute;sume cette p&eacute;riode avec un fatalisme serein : &quot;<em>Si &ccedil;a devait arriver, c&#39;est que &ccedil;a devait arriver.&quot;</em> Dont acte.</p>
<p>Reste que cette suspension a co&ucirc;t&eacute; cher &agrave; ses ambitions initiales. Son objectif pour la saison &eacute;tait le Grand Chelem - Cocarde d&#39;Or, Palme d&#39;Or, Troph&eacute;e des As -, un tripl&eacute; d&eacute;sormais hors de port&eacute;e. Mais plut&ocirc;t que de s&#39;attarder sur ce qui lui &eacute;chappe, Cadenas pr&eacute;f&egrave;re retenir le soutien re&ccedil;u dans l&#39;&eacute;preuve : &quot;<em>C&#39;est ce qui m&#39;a donn&eacute; l&#39;envie d&#39;aller chercher ce Troph&eacute;e des As.</em>&quot; Retentera-t-il le Grand Chelem l&#39;an prochain ? Rien n&#39;est moins s&ucirc;r, pr&eacute;vient-il : &quot;<em>Je verrai l&#39;ann&eacute;e prochaine ce que me r&eacute;serve mon &eacute;tat d&#39;esprit, mon envie, et je prendrai les choses &eacute;tape par &eacute;tape.</em>&quot;</p>
<h2>La saison prochaine en habit de lumi&egrave;res</h2>
<p>Cette prudence n&#39;est sans doute pas &eacute;trang&egrave;re aux projets qu&#39;il m&ucirc;rit d&eacute;j&agrave; pour la saison 2027. L&#39;hiver dernier, il l&#39;avait pass&eacute; dans le campo mexicain, et c&#39;est l&agrave;, le 6 d&eacute;cembre, dans les ar&egrave;nes d&#39;un village du Yucat&aacute;n, qu&#39;il s&#39;&eacute;tait habill&eacute; de lumi&egrave;res pour la premi&egrave;re fois, &agrave; l&#39;occasion d&#39;une novillada piqu&eacute;e. Depuis plusieurs ann&eacute;es, celui qui ambitionne de mener de front les deux carri&egrave;res pr&eacute;pare le terrain pour intensifier ses allers-retours vers l&#39;Espagne. &quot;<em>Cet hiver, je pars en Am&eacute;rique du Sud, mais j&#39;y resterai moins longtemps que l&#39;ann&eacute;e derni&egrave;re. Je resterai plus de temps du c&ocirc;t&eacute; de l&#39;Espagne, &agrave; Salamanque et &agrave; S&eacute;ville, pour apprendre &agrave; conna&icirc;tre tous les &eacute;levages de taureaux espagnols, &ecirc;tre au milieu des professionnels les plus importants et apprendre le m&eacute;tier</em>.&quot; L&#39;objectif, lui, ne varie pas : &quot;<em>Oui, j&#39;envisage la saison prochaine en habit de lumi&egrave;res en Espagne, puis apr&egrave;s en France.&quot;</em></p>
<p>Une double identit&eacute; qu&#39;il ne per&ccedil;oit jamais comme une contradiction. Pour lui, la tauromachie n&#39;est pas un simple divertissement, mais un v&eacute;ritable art de vivre. &quot;<em>Le taureau, c&#39;est un vrai culte, c&#39;est quelque chose d&#39;unique</em>&quot;, r&eacute;sume-t-il. Une vision qui, chez lui, d&eacute;passe largement la fronti&egrave;re entre course camarguaise et corrida : dans ces deux disciplines, Cadenas retrouve les m&ecirc;mes valeurs.</p>
<h2>Organiser : &quot;Une obligation de moyens&quot;</h2>
<p>C&#39;est cette m&ecirc;me logique qui l&#39;a port&eacute;, presque malgr&eacute; lui, vers l&#39;organisation d&#39;&eacute;v&eacute;nements taurins. Un r&ocirc;le qu&#39;il n&#39;avait pas cherch&eacute; au d&eacute;part, mais qui s&#39;est impos&eacute; &agrave; lui comme une n&eacute;cessit&eacute; pour faire avancer les choses. &quot;<em>C&#39;est surtout une obligation de moyens</em>&quot;, explique-t-il.</p>
<p>&Agrave; l&#39;origine de l&#39;&eacute;v&eacute;nement du 10 octobre &agrave; Palavas, il y a d&#39;abord eu un &eacute;change avec&nbsp;Vincent Ribera, ami et apoderado de Cadenas en course camarguaise, pour qui l&#39;avenir des ar&egrave;nes de Palavas est &eacute;videmment une cause ch&egrave;re. Le d&eacute;clic est venu d&#39;ailleurs, par la voix de Manuel Ben&iacute;tez El Cordob&egrave;s, parrain du fils de Ribera, qui a pos&eacute; la question toute simple : pourquoi ne pas y organiser une corrida ? &quot;<em>Son aval a suffi &agrave; enclencher quelque chose</em>&quot;, confie Joachim Cadenas. Dans la m&ecirc;me p&eacute;riode, en Espagne, l&#39;Arl&eacute;sien&nbsp;&eacute;change avec Carlos Z&uacute;&ntilde;iga et Roman Perez, et l&#39;id&eacute;e prend forme : rouvrir les ar&egrave;nes de Palavas, avec Morante. Le projet se concr&eacute;tise alors, port&eacute; par la&nbsp;proximit&eacute; de&nbsp;Z&uacute;&ntilde;iga avec le maestro de La Puebla. Et Joachim Cadenas ne cache pas la fiert&eacute; qu&#39;il tire d&#39;apprendre aux c&ocirc;t&eacute;s de professionnels d&#39;un tel calibre.</p>
<p>Plus qu&#39;une simple corrida, Cadenas voit dans ce <em>mano a mano</em>&nbsp;l&#39;occasion de raconter une histoire de la tauromachie : &quot;<em>&Agrave; travers des toreros comme Clemente et comme l&#39;immense Morante de la Puebla, on peut donner une belle vitrine de notre tauromachie. Ce qui est important, c&#39;est aussi de pouvoir laisser s&#39;exprimer les toreros. Eux vivent du toro et de la tauromachie au quotidien, et ils ont des id&eacute;es visionnaires pour la tauromachie. Je pense que c&#39;est avec des acteurs comme &ccedil;a que la tauromachie va vivre et va perdurer.</em>&quot;&nbsp;</p>
<p>Dans ce r&ocirc;le d&#39;organisateur, Joachim Cadenas trouve finalement un nouveau moyen de faire bouger les lignes d&#39;un syst&egrave;me qu&#39;il juge parfois trop fig&eacute;. Reste &agrave; savoir s&#39;il en a fait, un jour, une ambition &agrave; part enti&egrave;re. Sur ce point, il temp&egrave;re : &quot;<em>&Ccedil;a n&#39;a jamais &eacute;t&eacute; un r&ecirc;ve pour moi de devenir organisateur&hellip;</em>&quot;&nbsp;Mais connaissant l&#39;homme et ce qui l&#39;anime, difficile d&#39;imaginer qu&#39;il en reste l&agrave;.&nbsp;</p>
<p><em>Infos : Vendredi 11 septembre,&nbsp;17h, course camarguaise aux As, aux ar&egrave;nes d&rsquo;Arles. Concours de manades. Raseteurs :&nbsp;Joachim Cadenas, Fran&ccedil;ois Martin, Vincent Marignan, L&eacute;andro L&eacute;al, Youssef El Mahboub, Quentin Ayme. Taureaux :&nbsp;Constantin (Cuill&eacute;), Poker (Fabre-Mailhan), Amiral (Lautier), Baron (Fournier et Fils), Doker (M&eacute;janes), Amiral (Chauvet), Bajan (Laurent).</em></p>
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