Dossier d'analyse : ÉDITORIAL Associations : le mauvais jeu de la politique
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<p>Tout ce week-end, les associations sportives et culturelles ont &eacute;t&eacute; mises &agrave; l&#39;honneur. Mais aussi celles qui accompagnent au quotidien les personnes les plus &eacute;loign&eacute;es de l&#39;emploi ou en difficult&eacute;. Les diff&eacute;rents forums organis&eacute;s dans le Gard et ailleurs ont une nouvelle fois montr&eacute; la vitalit&eacute;, l&#39;engagement et la mobilisation de ces acteurs, souvent b&eacute;n&eacute;voles. Ils sont devenus des relais indispensables de l&#39;&Eacute;tat et des collectivit&eacute;s locales, r&eacute;pondant &agrave; des besoins essentiels pour les plus jeunes comme pour les moins jeunes. &Agrave; N&icirc;mes, la mobilisation &eacute;tait particuli&egrave;rement spectaculaire. D&eacute;monstrations en direct, &eacute;changes, prises de contact : tout &eacute;tait fait pour encourager un premier essai ou directement une adh&eacute;sion. Ces inscriptions, souvent payantes, sont vitales. Elles permettent aux associations de financer une partie de leurs activit&eacute;s et d&#39;assurer l&#39;accueil au quotidien. Mais elles ne suffisent g&eacute;n&eacute;ralement pas. L&#39;engagement des pouvoirs publics reste n&eacute;cessaire. Par la mise &agrave; disposition de locaux, de v&eacute;hicules pour les d&eacute;placements ou par des aides financi&egrave;res, directes ou indirectes. Les maires en ont parfaitement conscience. Les associations constituent un maillon indispensable de la coh&eacute;sion sociale et territoriale. Elles cr&eacute;ent du lien, occupent les jeunes, accompagnent les plus fragiles, animent les quartiers et les villages. Elles font parfois ce que la puissance publique ne sait plus, ou ne peut plus, faire seule. Malheureusement, face aux difficult&eacute;s &eacute;conomiques et budg&eacute;taires, les collectivit&eacute;s se serrent la ceinture. Et parmi les premiers &agrave; en subir les cons&eacute;quences, il y a souvent les associations. Mais la crise n&#39;explique pas tout. Les choix politiques entrent aussi en ligne de compte. Pour certains nouveaux maires, une association peut rapidement devenir une variable d&#39;ajustement. Elle peut aussi &ecirc;tre regard&eacute;e avec suspicion en raison d&#39;une suppos&eacute;e appartenance politique. Une association qui agit dans le social serait forc&eacute;ment de gauche. Une autre qui organise des concerts ou des expositions un peu trop engag&eacute;es ne correspondrait pas &agrave; la vision id&eacute;ologique de la nouvelle majorit&eacute;. C&#39;est une mauvaise fa&ccedil;on de regarder le monde associatif. Mais l&#39;inverse est &eacute;galement vrai. Certaines directions d&#39;association commettent l&#39;erreur de faire ouvertement de la politique, particuli&egrave;rement pendant une campagne &eacute;lectorale. Il devient alors compliqu&eacute; d&#39;esp&eacute;rer, quelques semaines plus tard, la m&ecirc;me bienveillance lorsque l&#39;&eacute;quipe que l&#39;on a combattue arrive au pouvoir. Chacun doit donc rester &agrave; sa place. Aux &eacute;lus de soutenir les associations pour ce qu&#39;elles font et non pour ce qu&#39;ils supposent qu&#39;elles pensent. Et aux associations de pr&eacute;server leur ind&eacute;pendance en &eacute;vitant de devenir les relais d&#39;un camp politique. Elles ont d&eacute;j&agrave; &eacute;norm&eacute;ment &agrave; faire. Et c&#39;est tr&egrave;s bien comme cela.</p>
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