Dossier d'analyse : Tematai Le Gayic : âLe grand soir n'existe pasâ
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Tahiti, le 26 mars 2026 - Deux jours aprĂšs lâofficialisation de son dĂ©part du Tavini, Tematai Le Gayic nous a reçus pour faire le point sur les raisons qui lâont conduit Ă quitter le parti dâOscar Temaru. Sans renier ses aspirations souverainistes, le jeune Ă©lu explique vouloir ĂȘtre porteur dâune nouvelle voix, loin des dogmes et des positions figĂ©es, pour sâoccuper en prioritĂ© des besoins de la population. Nous sommes quelques jours aprĂšs la diffusion de votre lettre de dĂ©mission du Tavini. Comment vous sentez-vous aprĂšs cette dĂ©cision ? âJ'ai le cĆur lĂ©ger. Cette dĂ©cision n'a pas Ă©tĂ© facile d'un point de vue humain, parce que les femmes et les hommes qui sont dans ce parti, je les apprĂ©cie. On a cheminĂ© ensemble. Mais cette dĂ©cision a Ă©tĂ© mĂ»rement rĂ©flĂ©chie. Elle a Ă©tĂ© prise en fonction de la situation actuelle du parti. Mon objectif, c'est de proposer une nouvelle orientation.â Ce n'est pas juste un coup de sang ? C'est l'envie chez vous de dĂ©clencher quelque chose de neuf au sein de la mouvance indĂ©pendantiste ? âL'idĂ©e, c'est surtout de proposer quelque chose qui pourrait faire perdurer le combat de l'Ă©mancipation, sans qu'il soit parasitĂ© ou effacĂ© par une doctrine qui soit jugĂ©e trop dure. Lors des Ă©lections municipales, j'ai eu beaucoup de personnes qui m'ont contactĂ©, qui avaient des questionnements sur le projet indĂ©pendantiste, sur le projet de souverainetĂ©, et qui, au fond, partageaient des principes. C'est-Ă -dire celui d'avoir des institutions souveraines, celui d'avoir une Ă©conomie plus forte, plus rĂ©siliente, celui d'avoir des hommes et des femmes formĂ©s en fonction de leur rĂ©alitĂ© culturelle et historique dans le Pacifique. Ce sont des principes qu'on partage avec beaucoup de personnes qui sont aussi autonomistes.â En tant que militant, vous rĂȘviez du grand soir. âC'est le principe. Tous les militants de gauche rĂȘvent de ce fameux renversement, du grand soir, du rééquilibrage social. Mais ces Ă©lections municipales m'ont appris quelque chose de trĂšs concret, sans renier ces valeurs. Câest que le grand soir n'existe pas. Nous avons besoin d'une vision plus concrĂšte, plus planifiĂ©e, modulable en fonction des rĂ©alitĂ©s des gens. Et finalement, j'ai fait le deuil de ce grand soir et je place le statut comme un outil plutĂŽt que comme un objectif. C'est-Ă -dire que si aujourd'hui, la rĂ©alitĂ© Ă©conomique et sociale nĂ©cessite qu'on reste dans le statut d'autonomie, alors on doit rester dans le statut d'autonomie. Pour moi, l'orientation qui est nĂ©cessaire pour les prochaines annĂ©es, c'est qu'il n'y ait plus de tabou sur le statut politique. Ce statut doit ĂȘtre considĂ©rĂ© comme un moyen d'accĂ©der Ă plus d'autonomie interne. Notre Ă©nergie doit se positionner sur âest-ce qu'il faut plus de rééquilibrage social, est-ce qu'il faut plus de rééquilibrage Ă©conomique, comment est-ce qu'on pense le dĂ©veloppement Ă©conomique, stratĂ©gique du paysâ et ne plus utiliser le statut comme une raison du blocage de notre dĂ©veloppement. Chaque fois qu'il y a un blocage institutionnel, il faut le dĂ©verrouiller, il faut en parler Ă la fois avec nos opposants politiques, avec l'Ătat, mais au regard d'un objectif qui est plus terre Ă terre. Si les autonomistes faisaient un pas de ce cĂŽtĂ©-lĂ , on aurait un apaisement sur la question institutionnelle.â Comment est-ce qu'on planifie ce dĂ©veloppement. Ă grands coups de marteau dans le statut, comme certains voudraient le faire, ou avec un peu plus de raison, en se donnant le temps de travailler cette autonomie, pour tendre vers lâindĂ©pendance ? âSi on sort des dĂ©bats entre autonomistes et indĂ©pendantistes, si on sort des dĂ©bats statutaires, il y a des rĂ©alitĂ©s qui sont beaucoup plus urgentes. L'accĂšs au logement, l'accĂšs Ă un emploi, la question de la santĂ©, la question de la dĂ©structuration des familles, le changement de mentalitĂ© au sein des familles qui fait qu'il y a des Ă©carts entre les gĂ©nĂ©rations, qui fait qu'il y a moins de solidaritĂ© familiale et donc une augmentation de la prĂ©caritĂ©, l'isolement des personnes ĂągĂ©es, etc. Tous ces sujets ne sont pas pris en compte dans nos grands dĂ©bats institutionnels et philosophiques. On se concentre sur des sujets pĂ©riphĂ©riques alors que sous notre nez, on a des sujets dont on devrait s'occuper en prioritĂ©.â Ce courant de pensĂ©e, vous le partagez avec dâautres Ă©lus Ă lâassemblĂ©e ? Est-ce que votre dĂ©mission ne va pas faire un appel d'air avec quelques autres avec lesquels vous pourriez constituer un groupe ? âJe ne veux pas participer ou ĂȘtre artisan d'une certaine dĂ©stabilisation du gouvernement ou de la majoritĂ©. La perspective de souverainetĂ© doit ĂȘtre partagĂ©e par tout le monde. Le pas que devrait faire le Tavini, c'est d'accepter qu'il n'a pas le monopole de l'indĂ©pendantisme, de la souverainetĂ© ; que les principes de l'indĂ©pendance peuvent aussi ĂȘtre partagĂ©s par des autonomistes. La premiĂšre chose qu'on m'a dite quand j'ai quittĂ© le parti, câest : âil est devenu autonomiste, il n'est plus indĂ©pendantiste.â Malheureusement, c'est Ă cause de ça quâon ne sort pas de ce tabou. On ne peut pas demander aux autonomistes de sortir du tabou institutionnel sans que les indĂ©pendantistes fassent un effort de partager cette trajectoire.â Ce dĂ©part, ce nâest pas la colĂšre issue du choix du Tavini de soutenir Tauhiti Nena plutĂŽt que vous ? âNon, parce que je suis fier de la campagne que j'ai faite. Je suis content des personnes qui m'ont accompagnĂ©. Quand j'ai Ă©tĂ© dĂ©putĂ©, j'ai dĂ©fendu une vision radicale de l'indĂ©pendantisme. Et en faisant l'historique de mon engagement, je me trouvais en dĂ©calage avec ma pensĂ©e. Cette Ă©lection municipale a Ă©tĂ© une rĂ©vĂ©lation pour moi de comment est-ce que je pourrais mieux mener mon engagement politique.â Cette rĂ©flexion nâĂ©tait-elle pas dĂ©jĂ nĂ©e lors de votre prise de position contre les discussions avec lâAzerbaĂŻdjan, ou mĂȘme aprĂšs les territoriales alors que le Tavini avait menĂ© une campagne sociale et, dĂšs le lendemain, pondait une commission spĂ©ciale sur lâindĂ©pendance Ă lâassemblĂ©e ? âEn 2022 et en 2023, on a fait une campagne basĂ©e sur les rĂ©alitĂ©s, sur des sujets trĂšs concrets. On a mis de cĂŽtĂ© l'Ă©volution statutaire, l'Ă©volution institutionnelle. Puis le parti nous a demandĂ© d'ĂȘtre un peu plus rigides sur certaines positions. DerriĂšre, il y a les lĂ©gislatives anticipĂ©es. Au-delĂ de la plateforme autonomiste qui a bien fonctionnĂ©, le Tavini s'est Ă©loignĂ© du programme de 2023 et a perdu. Quand j'ai rencontrĂ© Ă plusieurs reprises le prĂ©sident Oscar Temaru pendant ces Ă©lections municipales, il m'a fait comprendre qu'il n'avait plus confiance en moi. Je n'ai pas voulu porter les sujets du parti dans ces Ă©lections, parce que j'Ă©tais trop en dĂ©calage avec sa pensĂ©e. PlutĂŽt que de subir des dĂ©cisions qui ne sont pas les miennes ou de subir des positionnements contre mes convictions, j'ai prĂ©fĂ©rĂ© prendre mes responsabilitĂ©s.â Vous partez pour une nouvelle Ă©tape. Quelle est-elle et avec qui ? Le tĂ©lĂ©phone a dĂ» chauffer ces trois derniers jours ? âJ'ai Ă©tĂ© surpris des messages et des mails que j'ai reçus. Une trĂšs grande majoritĂ© de la sociĂ©tĂ© civile ; des messages d'encouragement, de fĂ©licitations. J'ai aussi eu une centaine de messages de personnes qui souhaitaient s'engager. Qui viennent de plusieurs Ăźles, de plusieurs communes. J'ai mĂȘme des Ă©lus municipaux qui viennent de gagner des Ă©lections dans plusieurs communes qui veulent s'engager parce qu'ils ont trouvĂ© la campagne municipale que j'ai portĂ©e intĂ©ressante. Ils veulent sortir des positionnements rigides des deux blocs. Pour l'instant, je suis plutĂŽt sur un courant de pensĂ©e. Et voir comment ce courant de pensĂ©e peut perdurer. Il y en a beaucoup qui ont essayĂ© une troisiĂšme voie et qui sây sont cassĂ© les dents. Ce courant de pensĂ©e, il a des prĂ©rogatives. Pas de tabou institutionnel. La souverainetĂ© ne doit pas ĂȘtre vue comme illusoire et l'autonomie comme un enfermement. On doit prendre la rĂ©alitĂ© institutionnelle en fonction de la rĂ©alitĂ© sociale et Ă©conomique. Aujourd'hui, on est dans un statut d'autonomie, on fait avec. Et on avance avec.â Quel positionnement aurez-vous dorĂ©navant ? âC'est un sujet philosophique que j'aime. C'est comment est-ce qu'on se positionne en tant que peuple colonisĂ©. Je pense qu'on doit avancer sur la question de la pensĂ©e victimisante. L'idĂ©e, c'est de dire, on avance mais on n'oublie pas. Dans le sens oĂč on sait ce qui est arrivĂ© dans notre pays, on sait d'oĂč l'on vient, on connait les rĂ©alitĂ©s Ă©conomiques et sociales. Nous avons Ă©tĂ© colonisĂ©s, nous sommes un peuple en voie d'Ă©mancipation. Nous connaissons nos rĂ©alitĂ©s historiques et culturelles, mais il nous faut avancer. Et cette question, c'est un sujet Ă la fois qui porte sur la colonisation, sur le nuclĂ©aire, sur les relations qu'on a avec l'Ătat. On doit ĂȘtre apaisĂ© avec notre histoire parce que sinon, on n'avancera pas. On restera bloquĂ© dans une forme de victimisation perpĂ©tuelle sans forcĂ©ment proposer un discours qui se veut plus rassurant et plus portĂ© vers l'avenir. Il ne faut pas que lâon soit prisonnier de nous-mĂȘmes. Il ne faut pas craindre de sortir de notre propre blocage. Enfin, il faut un rééquilibrage social. Il faut le faire de maniĂšre pragmatique plutĂŽt que dogmatique.â Câest-Ă -dire ? âLe rééquilibrage social est souvent pensĂ© sous un angle fiscal, donc il y a une Ă©quitĂ© fiscale Ă mettre en place. On parle aussi de crise du logement, mais les carnets de commandes sont pleins. C'est vrai que le coĂ»t de construction est Ă©levĂ©, que le coĂ»t du foncier est Ă©levĂ©. Mais ça nâempĂȘche pas les investisseurs de construire. Et surtout, ça ne les empĂȘche pas de vendre, de mettre en Airbnb. Toutes les grandes Ăźles ont subi cette augmentation, cette inflation du prix de l'immobilier Ă cause de l'activitĂ© saisonniĂšre. Il faut cadrer davantage, soit en dĂ©cidant que dans certains logements, il y a un pourcentage qui doit aller dans le saisonnier, un pourcentage qui doit aller dans la location Ă longue durĂ©e et dans l'accĂšs Ă la propriĂ©tĂ©. Aujourd'hui, tous ces sujets ne sont pas pris en compte. C'est dommage.â Câest une base de discours pour des territoriales⊠âJe vais ĂȘtre trĂšs honnĂȘte. Lors de la campagne des municipales, il y a une chose qu'on a dite sur moi que je ne peux pas retirer, c'est mon Ăąge. J'ai 25 ans. Ce n'est pas Ă 27 ans (il les aura aux prochaines territoriales, NDLR) que je vais m'engager dans une Ă©lection plus large. L'idĂ©e, c'est de dire comment est-ce qu'on peut proposer un courant de pensĂ©e et un programme qui peut devenir dominant et qui fait que les grands partis politiques se positionnent sur ces sujets-lĂ . Je nâabandonne pas mon dĂ©sir de souverainetĂ©, mais le bien-vivre, le bien-ĂȘtre des habitants, c'est ça l'objectif. L'idĂ©e, c'est qu'il faut changer la maniĂšre d'agir.â Il faut arrĂȘter de bipolariser le dĂ©bat ? âIl peut ĂȘtre bipolarisĂ©, il peut y avoir des blocs, mais sur des sujets qui prĂ©occupent les PolynĂ©siens. Est-ce qu'on augmente ou pas l'Ăąge de dĂ©part Ă la retraite ? Est-ce qu'on met plus d'aides sociales ou pas ? Est-ce que le Airbnb, on le rĂ©glemente ou pas ? Je pense qu'on devrait davantage se concentrer sur ces sujets-lĂ plutĂŽt que les sujets dogmatiques ou les sujets annexes.â Dans votre position, la meilleure façon de porter ces idĂ©es Ă lâassemblĂ©e, câest de constituer un groupe⊠âSur les deux ans qui nous restent, l'idĂ©e, c'est de participer Ă la dĂ©clinaison du programme de 2023. Donc je ne suis pas dans des logiques de dĂ©stabilisation de l'assemblĂ©e, de la majoritĂ© Ă l'assemblĂ©e ou de dĂ©stabilisation du gouvernement. Je suis tout de mĂȘme favorable Ă ce qu'il y ait d'autres Ă©lus qui me rejoignent. Ce n'est pas antinomique avec notre engagement de 2023 parce qu'on veut justement dĂ©cliner le programme. J'ai vu des Ă©lus Tavini Ă l'assemblĂ©e qui sont trĂšs proches du prĂ©sident Oscar, du prĂ©sident GĂ©ros, qui voulaient participer, ĂȘtre force de proposition avec le gouvernement, mais qui n'ont pas Ă©tĂ© entendus. Ă l'inverse, j'ai vu des ministres commencer Ă entrer en nĂ©gociation avec certains Ă©lus qui, eux aussi, ont Ă©tĂ© mis de cĂŽtĂ©. Et le clivage, c'est chacun chez soi, chacun s'occupe de ses problĂšmes.â C'est inquiĂ©tant de voir un gouvernement issu d'une majoritĂ© qui ne s'entend plus avec cette mĂȘme majoritĂ©. âCâest sĂ»r, c'est plus simple si le chef du parti est aussi le chef du gouvernement. Le parti s'est beaucoup effacĂ© dans la gestion de ce lien entre le gouvernement et l'assemblĂ©e. Je pense que c'est l'une des raisons pour lesquelles il y a eu des dissensions. Parce que le parti n'a pas fait son rĂŽle d'arbitrage des dĂ©cisions politiques, d'essayer de faire vivre les dĂ©bats entre l'assemblĂ©e et le gouvernement. C'est pour ça qu'aujourd'hui, je suis tout seul avec Odette (Homai, qui a dĂ©missionnĂ© du Tavini en janvier, NDLR). On n'a pas la force de pouvoir peser dans les dĂ©cisions, mais on compte sur la bonne intelligence Ă la fois de la majoritĂ© et du gouvernement pour accepter les propositions. La difficultĂ©, c'est que les deux sont lĂ©gitimes Ă gouverner. L'assemblĂ©e se sent lĂ©gitime, c'est elle qui vote les lois. Le gouvernement se sent lĂ©gitime, c'est lui qui mĂšne l'action publique⊠Chacun doit faire une concession.â Votre profession de foi en 2022 expliquait lors de votre Ă©lection comme dĂ©putĂ©, que lorsqu'on quitte le parti, on quitte aussi son mandat d'Ă©lu. On va vous reprocher de ne pas le faire. â(longue inspiration) Lorsque j'ai pris cette dĂ©cision de dĂ©missionner, j'avais cette question en tĂȘte. Aujourd'hui, il me semble lĂ©gitime d'aller jusqu'au bout, parce que je ne me suis pas Ă©cartĂ© des engagements pris aux territoriales. Je pense que c'est le parti qui s'est dĂ©faussĂ© de ses objectifs.â Nâest-ce pas alors mentir aux Ă©lecteurs que de faire croire quâon a un programme social pour finalement ne parler que dâindĂ©pendance dans lâhĂ©micycle ? âJe pense qu'ils ont eu une position tactique qui Ă©tait de dire : âon va positionner les jeunes, on va laisser Moetai et son entourage proposer un programme pour gagnerâ. C'est comme ça qu'Oscar a positionnĂ© Moetai Brotherson en tant que prĂ©sident. Mais, arrivĂ© aux responsabilitĂ©s⊠ils ont mis de cĂŽtĂ© la position tactique pour revenir aux positions dogmatiques. Jâai travaillĂ© par exemple en tant que dĂ©putĂ© sur la citoyennetĂ© mÄâohi. Des Ă©lus mâont contactĂ© comme Tepuaraurii Teriitahi ou encore Lana Tetuanui. Jâai travaillĂ© le sujet. Mais la raison rĂ©elle pour laquelle j'ai arrĂȘtĂ© de bosser dessus, c'est parce que mon propre parti, mon ancien prĂ©sident de parti m'a dit âce n'est pas ça que le Tavini veut. Tu proposes quelque chose qui n'est pas en adĂ©quation avec la philosophie du Taviniâ. Et pourtant, c'est un sujet qui a Ă©tĂ© mis sur les programmes en 2022 et en 2023.â S'il n'y avait pas eu cette embrouille sur les municipales, entre Tauhiti Nena et vous, dans le choix du soutien du parti, vous seriez encore au Tavini ? âIl y a une chose qui Ă©tait claire depuis plusieurs mois, c'Ă©tait qu'il fallait rĂ©former notre maniĂšre d'agir. Je pensais qu'on pouvait le faire Ă l'intĂ©rieur du parti, qu'il fallait laisser le temps au temps et qu'un jour ou l'autre, on aurait eu la possibilitĂ© de pouvoir rĂ©former le parti de l'intĂ©rieur. Mais il y a les anciens dans leur combat, liĂ© Ă leur histoire, qui n'est pas la nĂŽtre. La rĂ©elle peur que j'ai, honnĂȘtement, câest que notre idĂ©al soit effacĂ© parce qu'on aura voulu aller trop vite, trop fort, parce que le Tavini, qui est le seul parti indĂ©pendantiste du pays, va tout sacrifier juste pour essayer de crĂ©er son grand soir. C'est un mauvais calcul pour 2028. C'est galvaniser les militants indĂ©pendantistes radicaux, et leur faire croire qu'on est capable de le faire rapidement, alors que ce n'est juridiquement pas possible. Vous craignez de nourrir des dĂ©ceptions qui se retournent finalement contre vous dans les urnes ? âOn a une base militante indĂ©pendantiste qui est galvanisĂ©e par des discours radicaux, et moi, ce dont j'ai peur, c'est qu'ils soient déçus et qu'ils finissent par rejeter le mouvement. Ils peuvent finir par se dire que c'Ă©tait un miroir aux alouettes, et que finalement, on a menti pendant toutes ces annĂ©es.â
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