Dossier d'analyse : ARLES La science au service des pierres millénaires du cloître Saint-Trophime
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<p>Combinaisons de protection, rubalise d&eacute;limitant une zone sensible, outils technologiques m&eacute;connus du grand public : la sc&egrave;ne pourrait &eacute;voquer une enqu&ecirc;te judiciaire. Pourtant, ce jeudi matin, c&rsquo;est bien&nbsp;un chantier scientifique qui&nbsp;s&rsquo;est install&eacute; au c&oelig;ur du clo&icirc;tre Saint-Trophime, joyau architectural du XIIe si&egrave;cle class&eacute; au patrimoine mondial de l&rsquo;Unesco.</p>
<p>En 2015, apr&egrave;s plusieurs ann&eacute;es d&rsquo;une restauration sans pr&eacute;c&eacute;dent, ce chef-d&rsquo;&oelig;uvre m&eacute;di&eacute;val avait retrouv&eacute; une splendeur in&eacute;dite depuis des si&egrave;cles, marquant un tournant dans le monde de la conservation patrimoniale. Plus de dix ans plus tard, la Ville d&rsquo;Arles, par l&rsquo;interm&eacute;diaire de son service des b&acirc;timents communaux, vient d&rsquo;achever une campagne de nettoyage et de d&eacute;poussi&eacute;rage des statues du clo&icirc;tre. Une op&eacute;ration d&rsquo;un co&ucirc;t de 95 000 &euro;, financ&eacute;e &agrave; 45 % par la Direction des affaires culturelles, &agrave; 35 % par l&rsquo;&Eacute;tat et &agrave; 20 % par le D&eacute;partement.</p>
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Faisl Bousta, responsable du P&ocirc;le de microbiologie au LRMH et Renzo Wieder, architecte et ma&icirc;tre d&#39;oeuvre de la r&eacute;cente campagne men&eacute;e sur les statues du clo&icirc;tre.
• <strong>J.Rz.</strong>
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<p>Men&eacute;s par l&rsquo;Atelier Bouvier - entreprise sp&eacute;cialis&eacute;e dans la restauration des monuments historiques - sous la ma&icirc;trise d&rsquo;&oelig;uvre du cabinet Architecture et H&eacute;ritages, ces travaux ont permis non seulement de v&eacute;rifier l&rsquo;&eacute;tat des restaurations ant&eacute;rieures, mais aussi d&rsquo;affiner les protocoles futurs. Car si les techniques de conservation ont connu des progr&egrave;s majeurs, elles continuent d&rsquo;&eacute;voluer pour gagner en efficacit&eacute;, tant sur le plan curatif que pr&eacute;ventif.</p>
<h2>&Agrave; Arles et au Louvre, m&ecirc;me combat contre les micro-organismes</h2>
<p>C&rsquo;est dans ce contexte que des experts du Centre interdisciplinaire de conservation et de restauration du patrimoine (CICRP) et du Laboratoire de recherche des monuments historiques (LRMH) - un service &agrave; comp&eacute;tence nationale d&eacute;pendant du minist&egrave;re de la Culture - se sont install&eacute;s sur le site. Leur mission : tester l&rsquo;efficacit&eacute; de quatre techniques innovantes - trois bas&eacute;es sur des produits sp&eacute;cifiques et une utilisant une lampe UV germicide - pour contrer la prolif&eacute;ration des mousses et micro-algues qui donnent aux pierres cet aspect verd&acirc;tre.</p>
<p>Dans la cour du clo&icirc;tre, ces sp&eacute;cialistes en microbiologie ont transform&eacute; les lieux en un laboratoire en plein air. Les exp&eacute;rimentations se d&eacute;roulent sur place, mais les donn&eacute;es recueillies seront ensuite analys&eacute;es en laboratoire. &Agrave; la t&ecirc;te de cette &eacute;quipe, Faisl Bousta, responsable du p&ocirc;le microbiologie au LRMH, explique : &quot;<em>Dans la restauration, nous sommes en perp&eacute;tuelle &eacute;volution. La saison est id&eacute;ale pour notre &eacute;tude : l&rsquo;humidit&eacute; est &eacute;lev&eacute;e, les pluies fr&eacute;quentes, et les temp&eacute;ratures cl&eacute;mentes favorisent la croissance des lichens.</em>&quot;</p>
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Le clo&icirc;tre Saint-Trophime est un joyau architectural du XIIe si&egrave;cle. Il est class&eacute; au patrimoine mondial de l&#39;Unesco.
• <strong>J.Rz.</strong>
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<p>Sur ces pierres vieilles de 900 ans, les experts ont appliqu&eacute; diff&eacute;rents protocoles sur plusieurs zones. D&egrave;s &agrave; pr&eacute;sent, les premiers effets sont visibles &agrave; l&rsquo;&oelig;il nu, m&ecirc;me pour les non-initi&eacute;s. &quot;<em>Tous les traitements montrent une certaine efficacit&eacute;, mais il faut les affiner</em>, pr&eacute;cise Faisl Bousta. <em>L&rsquo;aspect visuel n&rsquo;est qu&rsquo;un premier indicateur. Nous mesurons aussi d&rsquo;autres param&egrave;tres, comme l&rsquo;activit&eacute; photosynth&eacute;tique des micro-organismes, les variations de couleur qui r&eacute;v&egrave;lent leur concentration&nbsp;ou encore des analyses microscopiques pour observer ce qui subsiste en surface.</em>&quot;&nbsp;Une comparaison approfondie suivra apr&egrave;s l&rsquo;&eacute;tude des pr&eacute;l&egrave;vements dans les laboratoires parisiens. L&rsquo;objectif ? Identifier la m&eacute;thode la plus performante pour pr&eacute;server ces tr&eacute;sors architecturaux.</p>
<h2>L&#39;impact du changement climatique</h2>
<p>Ces tests pourraient-ils servir &agrave; d&rsquo;autres monuments en France ? &quot;<em>Le p&ocirc;le microbiologie du LRMH m&egrave;ne actuellement un programme sur plusieurs sites, dont le clo&icirc;tre Saint-Trophime, mais aussi le Louvre et Salins-les-Bains,</em> indique Faisl Bousta. <em>Chaque essai est adapt&eacute; au contexte local : le climat et la nature des pierres varient d&rsquo;un lieu &agrave; l&rsquo;autre.&quot;</em>&nbsp;</p>
<p>Un d&eacute;nominateur commun se dessine cependant : l&rsquo;impact annonc&eacute; du d&eacute;r&egrave;glement climatique. &quot;<em>Nous observons des ph&eacute;nom&egrave;nes nouveaux</em>, reconna&icirc;t le sp&eacute;cialiste. <em>Sans pouvoir les attribuer directement au changement climatique, il est clair que la hausse des temp&eacute;ratures et des pr&eacute;cipitations favorise la prolif&eacute;ration des micro-organismes. Les pr&eacute;visions sugg&egrave;rent une augmentation des champignons. Les micro-organismes pourraient bien prendre le dessus.</em>&quot;&nbsp;D&rsquo;o&ugrave; l&rsquo;urgence de d&eacute;velopper des techniques toujours plus efficaces pour prot&eacute;ger notre patrimoine face &agrave; ces d&eacute;fis in&eacute;dits.</p>
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