Dossier d'analyse : ​L’école de danse Heihere, de Moorea Ă  San Diego

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Moorea, le 21 juillet 2026 - L’école de danse Heihere de Moorea s’apprĂȘte Ă  reprĂ©senter la PolynĂ©sie française au Heiva de San Diego, du 31 juillet au 2 aoĂ»t 2026. Six jeunes danseurs ĂągĂ©s de 11 Ă  15 ans et une adulte participeront Ă  cette compĂ©tition internationale de 'ori tahiti. Un nouveau dĂ©fi pour ces passionnĂ©s qui souhaitent porter haut les couleurs de leur Ăźle et de leur culture.   AprĂšs avoir obtenu plusieurs rĂ©compenses lors des derniĂšres compĂ©titions locales, six jeunes de l’école de danse Heihere, ĂągĂ©s de 11 Ă  15 ans ainsi qu’une adulte participeront au Heiva de San Diego, aux États-Unis, du 31 juillet au 2 aoĂ»t 2026. PortĂ©e par l'association Heihere Ori Tahiti Competition, créée rĂ©cemment afin d'accompagner les jeunes danseurs dans les compĂ©titions, la dĂ©lĂ©gation de l'Ă©cole Heihere, composĂ©e des jeunes danseurs et de leurs accompagnateurs, quittera la PolynĂ©sie française le 27 juillet pour rejoindre la Californie. Le concours se dĂ©roulera sur trois journĂ©es. Les participants dĂ©buteront par le ‘aparima, le vendredi 31 juillet, avant de poursuivre avec le 'ƍte'a durant le week-end.   Dans la premiĂšre catĂ©gorie, les danseurs devront interprĂ©ter une musique imposĂ©e par l’organisation en fonction de leur Ăąge, tandis que pour le 'ƍte'a, ils seront accompagnĂ©s par un orchestre traditionnel.   Cette participation internationale vient couronner plusieurs mois d’entraĂźnement pour les jeunes danseurs de Moorea. Plusieurs d’entre eux ont obtenu des podiums lors de la 'Ori Tahiti Competition i Matavai 2026, certains terminant premiers, deuxiĂšmes ou troisiĂšmes dans leurs catĂ©gories. Mais pour Mathieu Merlet, secrĂ©taire de l’association Heihere Ori Tahiti Competition, l’objectif n’est pas uniquement de viser un classement. “C’est surtout une reconnaissance du travail rĂ©alisĂ© par les enfants durant toute l’annĂ©e. Les enseignants les ont sĂ©lectionnĂ©s parce qu’ils avaient le niveau nĂ©cessaire pour participer Ă  une compĂ©tition internationale. Ils ont consacrĂ© beaucoup d’heures aux rĂ©pĂ©titions afin de pouvoir se confronter Ă  d’autres jeunes. Il y aura d'autres danseurs de PolynĂ©sie, mais aussi des AmĂ©ricains et peut-ĂȘtre des Japonais et des Mexicains. C'est aussi l'occasion de voir leur niveau de danse par rapport aux autres et de reprĂ©senter la PolynĂ©sie dans une compĂ©tition internationale”, souligne-t-il. Pour Thilda Saminadame, cette participation reprĂ©sente une dĂ©marche culturelle importante : “Des personnes de l'Ă©tranger viennent ici pour concourir, alors que le 'ori tahiti fait partie de notre culture polynĂ©sienne. Pourquoi nous, on ne pourrait pas aussi aller chez eux pour montrer ce que l'on sait faire ?” Une part importante de notre identitĂ© culturelle   Quant Ă  l’enseignant de 'ori tahiti au sein de l’école Heihere, Heifara Papu, il estime que les danseurs sont prĂȘts Ă  relever ce nouveau dĂ©fi international : “Nous sommes confiants pour aller chercher les premiĂšres places, mais nous serons dĂ©jĂ  satisfaits si nous arrivons Ă  dĂ©crocher le podium. Les groupes qui se rendent lĂ -bas n’y vont pas uniquement pour voyager. Notre objectif est aussi que nos jeunes puissent observer comment les danseurs Ă©trangers travaillent, comment ils Ă©voluent pendant les rĂ©pĂ©titions et pendant les concours.” Selon lui, les performances des danseurs Ă©trangers dans les concours locaux s’expliquent notamment par leur participation rĂ©guliĂšre aux compĂ©titions : “Chaque annĂ©e, il y a une dizaine de concours aux États-Unis. C’est aussi pour cela que les danseurs amĂ©ricains sont performants lorsqu’ils viennent concourir en PolynĂ©sie. Ils connaissent bien les chants et les pas de danse parce qu’ils ont rĂ©guliĂšrement l’occasion de se mesurer aux autres”, souligne-t-il en dĂ©plorant le manque de “concours pour nos enfants ici. C’est important qu’ils partent Ă  l’étranger, d’une part pour qu’ils voyagent et, d’autre part, pour participer Ă  des concours internationaux. Je pense qu’il faut aussi mieux enseigner le 'ori tahiti dans les Ă©tablissements scolaires afin qu’ils puissent retenir les pas de danse et les chants, car c’est une partie importante de notre identitĂ© culturelle” conclut-il.



Manua Merlet, 11 ans, de Paopao “Je pratique le 'ori tahiti depuis trois ans dans l’école de danse Heihere. J’aime tout ce qui fait partie de la danse tahitienne, que ce soit la musique, les gestes et les personnes qui dansent autour de moi, qui sont trĂšs gentilles. J’aimerais participer au grand Heiva plus tard, parce que je trouve que c’est magnifique Ă  chaque fois que je regarde les prestations. Lors de la 'Ori Tahiti Competition i Matavai, j’ai dĂ©crochĂ© la premiĂšre place en 'ƍte'a et la troisiĂšme place en 'aparima. Tout le monde a envie de gagner au Heiva de San Diego, mais pour moi, le plus important est de s’amuser.”   Heiteanui Bertholon, 16 ans, de Maharepa “Mes ambitions dans la danse sont de continuer Ă  danser et de rĂ©ussir Ă  garder la mĂȘme technique, pour que cela ne devienne pas trop compliquĂ©, comme celle des danseuses amĂ©ricaines. C’est impressionnant de voir que des Ă©trangĂšres savent peut-ĂȘtre mieux danser que certaines PolynĂ©siennes, alors que c’est notre danse. Je n’aimerais pas voir trois AmĂ©ricaines dans le top 3, parce que c’est quand mĂȘme notre danse. J’espĂšre voir au moins une Tahitienne sur le podium. Mon objectif Ă  San Diego est de reprĂ©senter l’école Heihere de Moorea ainsi que Tahiti Ă  l’international. J’espĂšre dĂ©crocher une place sur le podium et, de prĂ©fĂ©rence, la premiĂšre place.”   Teataokeani Tiaahu, 15 ans, de Paopao “Ce que j’aime dans la danse, c’est qu’elle raconte une histoire avec les gestes. Je vais peut-ĂȘtre en faire mon mĂ©tier plus tard. J’aimerais aussi participer au Heiva i Tahiti plus tard. Ce que la danse m’apporte, c’est de pouvoir montrer notre vraie culture. Les AmĂ©ricaines dansent bien, ils ont beaucoup de technique et une belle façon de bouger. Je pense que notre force est aussi de danser avec notre Ăąme, avec notre culture et notre passion. C’est ce que je souhaite mettre en valeur au Heiva de San Diego. Je n’ai pas vraiment d’objectif prĂ©cis pour les rĂ©sultats, je veux surtout donner le meilleur de moi-mĂȘme.”


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