Dossier d'analyse : SPORT GARD Nathan Texier, champion nîmois de kitesurf
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<p><strong>Champion de France 2025 de &laquo; big air &raquo;, Nathan Texier r&ecirc;ve d&eacute;sormais de titres mondiaux. Sur sa planche, ce N&icirc;mois de 19 ans brave les temp&ecirc;tes et r&eacute;alise des figures &agrave; plus de 30 m&egrave;tres de haut. Rencontre.</strong></p>
<p><em>&laquo; Je l&rsquo;ai toujours vu pratiquer et &ccedil;a avait l&rsquo;air vachement fun comme sport, alors je lui ai demand&eacute; de m&rsquo;apprendre &raquo;</em>. Pour le N&icirc;mois Nathan Texier, cette passion du kite surf lui vient de son papa David. Un sport extr&ecirc;me qui consiste &agrave; glisser sur l&rsquo;eau sur une planche en &eacute;tant tract&eacute; par une aile de kite rattach&eacute; &agrave; un harnais. Le petit-fils d&rsquo;Yves Texier, le Poulxois que l&rsquo;on surnomme le roi du Safran, fait ses premi&egrave;res glissades &agrave; 10 ans. <em>&laquo; On ne peut pas d&eacute;buter trop jeune car il faut peser un certain poids, sinon on ne fait que s&rsquo;envoler &raquo;</em>, confie l&rsquo;int&eacute;ress&eacute;. Tomb&eacute; dans la marmite petit, Nathan s&rsquo;exerce avec son p&egrave;re &agrave; Port-Camargue et la Grande-Motte quand les conditions m&eacute;t&eacute;os sont favorables. &Agrave; 14 ans, il int&egrave;gre l&rsquo;Acad&eacute;mie de Seb Garat, ancien champion du monde, &agrave; Carnon.</p>
<p>Le jeune gardois est dou&eacute;, il participe d&egrave;s sa premi&egrave;re ann&eacute;e aux championnats du monde juniors et int&egrave;gre la team France. Nathan d&eacute;cide ensuite de se sp&eacute;cialiser dans la discipline la plus spectaculaire du kitesurf, le big air qui consiste &agrave; r&eacute;aliser des figures et sauter le plus haut avant <em>&laquo; d&rsquo;atterrir sans mourir &raquo;</em> pour reprendre ironiquement ses mots. <em>&laquo; C&rsquo;est hyper excitant ! Avec des grosses conditions, en moyenne, on peut faire des figures jusqu&rsquo;&agrave; 25 m&egrave;tres de haut. Mon record c&rsquo;est 33 m&egrave;tres. Ce sont des sensations fortes, mais on s&rsquo;y habitue. &raquo;</em> La t&ecirc;te dans les nuages, Nathan est heureux. En comp&eacute;tition, le rider a en g&eacute;n&eacute;ral 20 &agrave; 30 minutes pour ex&eacute;cuter le plus de figures tout en &eacute;tant not&eacute; par un jury, ce qui d&eacute;termine ensuite le classement final. Cela implique d&rsquo;&ecirc;tre pr&ecirc;t physiquement.</p>
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L&rsquo;atterrissage est tout un art pour &eacute;viter les chocs et les blessures.
• <strong>© Frédéric Rimondi</strong>
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<p><em>&laquo; J&rsquo;ai un pr&eacute;parateur physique pour que mon corps soit capable d&rsquo;encaisser tous les impacts et &ccedil;a porte ses fruits &raquo;</em>, assure celui qui, pour le moment, n&rsquo;a jamais connu de graves blessures. Et tant mieux.</p>
<h2>&laquo; Ma m&egrave;re est effray&eacute;e parfois &raquo;</h2>
<p><em>&laquo; J&rsquo;ai toujours &eacute;t&eacute; foufou et aim&eacute; les sports extr&ecirc;mes donc j&rsquo;ai habitu&eacute; mes parents aux risques. Je ne suis pas compl&egrave;tement inconscient. Il y a une part de risque, il faut l&rsquo;accepter. Ma m&egrave;re est effray&eacute;e parfois, mais elle voit que je ma&icirc;trise et que quand je tombe, je suis dans le contr&ocirc;le. Je ne me mets pas en danger &raquo;</em>, rassure Nathan. Malgr&eacute; le danger, ses parents l&rsquo;ont toujours soutenu. Un soutien moral et financier car le mat&eacute;riel est co&ucirc;teux, surtout quand on se lance dans le haut niveau. Rapidement, des sponsors viennent en financer une partie. Co&ucirc;teux, les d&eacute;placements &agrave; travers le monde pour participer aux diff&eacute;rentes &eacute;tapes du championnat du monde le sont aussi.</p>
<p><em>&laquo; Mes parents ont d&ucirc; faire beaucoup d&rsquo;efforts &raquo;</em>, prend conscience l&rsquo;int&eacute;ress&eacute; qui a aussi travaill&eacute; les &eacute;t&eacute;s du c&ocirc;t&eacute; des &icirc;les Canaries pour pouvoir s&rsquo;entra&icirc;ner en m&ecirc;me temps. En junior, Nathan &eacute;choue &agrave; chaque fois de peu pour d&eacute;crocher un titre mondial : deux fois troisi&egrave;me et deux fois quatri&egrave;me. Malgr&eacute; tout, &agrave; 17 ans, il passe en senior et dispute cette ann&eacute;e sa troisi&egrave;me saison cons&eacute;cutive au plus haut niveau. En 2024, il est parvenu &agrave; terminer dans le top 10. En parall&egrave;le, il participe aux comp&eacute;titions de la c&eacute;l&egrave;bre marque Red Bull appel&eacute;es &laquo; King of the air &raquo; qui sont plus m&eacute;diatis&eacute;es et qui ont le plus de valeur dans les sports extr&ecirc;mes. Avant de se faire un nom &agrave; l&rsquo;international, le N&icirc;mois s&rsquo;en est d&eacute;j&agrave; fait un au niveau national en remportant le titre de champion de France 2025 en big air.</p>
<h2>&laquo; On attend toujours&nbsp; la plus grosse temp&ecirc;te &raquo;</h2>
<p><em>&laquo; Le big air demande d&rsquo;avoir le vent le plus fort possible, donc on attend toujours la plus grosse temp&ecirc;te &raquo;</em>, explique Nathan. Ainsi, avec cette forte d&eacute;pendance &agrave; la m&eacute;t&eacute;o, les comp&eacute;titions se d&eacute;roulent sur un mois pour &ecirc;tre s&ucirc;r d&rsquo;avoir du vent avec des p&eacute;riodes d&rsquo;attente sur place. <em>&laquo; On re&ccedil;oit une pr&eacute; alerte 72 heures avant et une confirmation 48 heures avant en fonction des pr&eacute;visions &raquo;</em>, poursuit-il, se retrouvant donc parfois &agrave; prendre un billet d&rsquo;avion au dernier moment pour le Br&eacute;sil, l&rsquo;Afrique du Sud ou la Gr&egrave;ce qui accueillent les comp&eacute;titions majeures. Les seuls ravis par la temp&ecirc;te Nils, qui a s&eacute;vi en f&eacute;vrier dernier, &eacute;taient les kitesurfeurs de l&rsquo;&eacute;quipe de France, dont Nathan qui a pu s&rsquo;entra&icirc;ner.</p>
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Dans les airs, Nathan est comme un poisson dans l&rsquo;eau.
• <strong>© Julien Prenez</strong>
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<p>Pour l&rsquo;instant, le jeune homme ne vit pas de sa passion. &Eacute;tudiant en deuxi&egrave;me ann&eacute;e &agrave; Polytech &agrave; Montpellier dans le but d&rsquo;int&eacute;grer ensuite une &eacute;cole d&rsquo;ing&eacute;nieurs, il vit encore chez ses parents. Un corps sain dans un esprit sain. <em>&laquo; L&rsquo;argent des sponsors me permet de ne plus d&eacute;pendre financi&egrave;rement de mes parents pour me rendre sur toutes les comp&eacute;titions, mais je ne peux pas encore me d&eacute;gager un salaire &raquo;</em>, souligne-t-il avec d&eacute;j&agrave; beaucoup de maturit&eacute; pour son &acirc;ge.</p>
<h2>Se hisser dans le top 5&nbsp;en championnat du monde</h2>
<p>Conscient que le kitesurf peut s&rsquo;arr&ecirc;ter &agrave; tout moment, le Gardois m&egrave;ne donc un double cursus avec la volont&eacute; de devenir ing&eacute;nieur en robotique. <em>&laquo; Mon objectif, c&rsquo;est de pousser &agrave; fond et de vivre de mon sport d&rsquo;ici un certain temps. Ceux qui gagnent le mieux leur vie, c&rsquo;est gr&acirc;ce au contenu sur les r&eacute;seaux sociaux &raquo;</em>. Alors pour obtenir davantage de visibilit&eacute; aupr&egrave;s de potentiels futurs partenaires, Nathan poste ses sauts les plus impressionnants notamment sur Instagram, compte sur lequel il approche des 10 000 abonn&eacute;s. <em>&laquo; Mon but ultime quand ma carri&egrave;re s&rsquo;arr&ecirc;te, c&rsquo;est de d&eacute;velopper du nouveau mat&eacute;riel en kite surf car c&rsquo;est un business encore nouveau et en pleine &eacute;volution. &raquo; </em></p>
<p>Nathan a la t&ecirc;te sur les &eacute;paules et souvent le corps dans les nuages. Pour 2026, il esp&egrave;re bien s&ucirc;r conserver son titre de champion de France et aller chercher le top 5 en championnat du monde alors qu&rsquo;il participe&nbsp;&agrave; toutes les &eacute;tapes. Lors de la premi&egrave;re &agrave; Barcar&egrave;s, d&eacute;but mai, il a termin&eacute; 9e contre 19e en 2025. <em>&quot;L&#39;ann&eacute;e prochaine, je vise la couronne&quot;</em>, assure l&#39;int&eacute;ress&eacute;.&nbsp;Une envie de briller au-del&agrave; des fronti&egrave;res m&ecirc;me s&rsquo;il esp&egrave;re un jour voir une comp&eacute;tition organis&eacute;e au Grau-du-Roi pour que les Gardois puissent admirer le talent de l&rsquo;un des leurs.</p>
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