Dossier d'analyse : AVIGNON OFF Carine Kermin : « À 50 ans, il faut se libérer pour vivre comme on l’entend »
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<p data-end="417" data-start="72">Un anniversaire. Le choc, puis l&rsquo;inventaire. Sur sc&egrave;ne, une femme vient d&rsquo;avoir 50 ans et examine ses amours, ses amis, son m&eacute;tier d&rsquo;artiste, son corps vieillissant et tout ce dont elle aimerait se d&eacute;barrasser. Carine Kermin danse, joue, projette des photos et des vid&eacute;os, interpelle la salle. Il est question de f&eacute;minit&eacute;, de secrets de famille, du regard des autres et de libert&eacute;.</p>
<p data-end="1154" data-start="802">Co&eacute;crit et mis en sc&egrave;ne par Carine Kermin et Mohamed Guellati, <em>50 ans, pr&eacute;sente ! </em>marque le retour en salle de la fondatrice de la compagnie MastoCK, apr&egrave;s plus de vingt ans consacr&eacute;s au th&eacute;&acirc;tre chor&eacute;graphique et aux arts de la rue. Pour sa premi&egrave;re au Festival Off d&rsquo;Avignon, elle pr&eacute;sente cette cr&eacute;ation chaque jour &agrave; 16 heures au Th&eacute;&acirc;tre Golovine.</p>
<p data-end="1202" data-start="1156"><strong>Objectif gard : Qui &ecirc;tes-vous et quel est votre parcours ?</strong></p>
<p data-end="1602" data-start="1204"><strong>Carine Kermin : </strong>Je suis la responsable artistique de la compagnie MastoCK, autrice, chor&eacute;graphe, metteuse en sc&egrave;ne, danseuse et com&eacute;dienne. Je me suis initi&eacute;e tr&egrave;s jeune &agrave; la danse contemporaine et au th&eacute;&acirc;tre. Plus tard, parall&egrave;lement &agrave; des &eacute;tudes de lettres et de journalisme, j&rsquo;ai int&eacute;gr&eacute; le groupe chor&eacute;graphique de l&rsquo;universit&eacute; Rennes 2, en lien avec le Centre chor&eacute;graphique national de Rennes et de Bretagne.</p>
<p data-end="1978" data-start="1604">J&rsquo;ai ensuite suivi plusieurs formations, notamment aupr&egrave;s de Jan Fabre sur la notion de performeur, puis de Pippo Delbono au Th&eacute;&acirc;tre du Rond-Point dans un travail consacr&eacute; au th&eacute;&acirc;tre-danse. Ma d&eacute;couverte du th&eacute;&acirc;tre de rue m&rsquo;a lanc&eacute;e comme interpr&egrave;te. Tr&egrave;s vite, j&rsquo;ai d&eacute;cid&eacute; de cr&eacute;er ma propre compagnie. MastoCK voit le jour en d&eacute;cembre 2001, en compagnie de deux comparses.</p>
<p data-end="2431" data-start="1980">Notre premi&egrave;re pi&egrave;ce en salle, Milie, reste deux mois &agrave; l&rsquo;affiche du Th&eacute;&acirc;tre du Lucernaire &agrave; Paris en 2003 et retient notamment l&rsquo;attention de France Culture. J&rsquo;ai ensuite rencontr&eacute; mon agente, Monita Derrieux, puis travaill&eacute; pour la t&eacute;l&eacute;vision et la publicit&eacute;. En 2004, l&rsquo;Office franco-qu&eacute;b&eacute;cois pour la jeunesse m&rsquo;a choisie pour rejoindre la d&eacute;l&eacute;gation fran&ccedil;aise des Rencontres internationales des jeunes cr&eacute;ateurs des arts de la sc&egrave;ne &agrave; Montr&eacute;al.</p>
<p data-end="2694" data-start="2433">J&rsquo;ai &eacute;galement &eacute;t&eacute; l&rsquo;assistante chor&eacute;graphe d&rsquo;&Eacute;ric Mezino durant trois ans au sein de la compagnie E.go. Nous sommes partis deux mois en tourn&eacute;e dans sept pays d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest. Cette collaboration a donn&eacute; &agrave; ma danse une coloration hip-hop et contemporaine.</p>
<p data-end="3130" data-start="2696">En vingt-cinq ans, la compagnie a cr&eacute;&eacute; 22 spectacles diffus&eacute;s en France et &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger, du Burkina Faso &agrave; Singapour, en passant par l&rsquo;Angleterre, l&rsquo;Italie, le Canada ou la Belgique. Dis-le-moi&hellip; a re&ccedil;u le prix du public &agrave; Namur en 2012. Je cherche toujours &agrave; raconter l&rsquo;&ecirc;tre humain dans ce qu&rsquo;il a de plus beau, mais aussi de plus laid. 50 ans, pr&eacute;sente ! poursuit cette recherche par le r&eacute;cit intime et le th&eacute;&acirc;tre chor&eacute;graphique.</p>
<p data-end="3170" data-start="3132"><strong>Que raconte 50 ans, pr&eacute;sente ! ?</strong></p>
<p data-end="3616" data-start="3172">Je pars de ma propre exp&eacute;rience pour livrer un r&eacute;cit intime dans lequel chacun peut se reconna&icirc;tre. Le jour du cinquanti&egrave;me anniversaire devient le fil conducteur d&rsquo;une r&eacute;flexion sur le temps qui passe, les souvenirs qui nous construisent, la f&eacute;minit&eacute;, les injonctions sociales et l&rsquo;envie d&rsquo;aller &agrave; l&rsquo;essentiel. C&rsquo;est une com&eacute;die th&eacute;&acirc;trale et chor&eacute;graphique, humoristique et po&eacute;tique, co&eacute;crite et mise en sc&egrave;ne par Mohamed Guellati et moi-m&ecirc;me.</p>
<p data-end="4012" data-start="3618">Il y a beaucoup d&rsquo;autod&eacute;rision, d&rsquo;humour, d&rsquo;humanit&eacute; et de sensibilit&eacute;. La danse contemporaine, le th&eacute;&acirc;tre, la vid&eacute;o et les photographies d&eacute;placent le regard et donnent son rythme au spectacle. Je viens du th&eacute;&acirc;tre de rue, je conserve donc un lien direct avec la salle. &Agrave; deux reprises, le public est invit&eacute; &agrave; participer. Ces moments rassemblent les spectateurs dans une joie tr&egrave;s communicative.</p>
<p data-end="4405" data-start="4014">La pi&egrave;ce est une ode &agrave; la libert&eacute;. Avancer dans la vie, c&rsquo;est aussi se d&eacute;lester du poids familial, du regard de la soci&eacute;t&eacute; et des secrets de famille. C&rsquo;est se lib&eacute;rer pour vivre comme on l&rsquo;entend. J&rsquo;aimerais que les spectateurs sortent du th&eacute;&acirc;tre pleins d&rsquo;&eacute;nergie, mais aussi &eacute;mus par ce voyage int&eacute;rieur. L&rsquo;important est qu&rsquo;ils soient touch&eacute;s. La mani&egrave;re dont ils le seront leur appartient.</p>
<p data-end="4455" data-start="4407"><strong>Quel est votre plus beau souvenir de sc&egrave;ne ?</strong></p>
<p data-end="4800" data-start="4457">Il y en a tellement en trente ans de carri&egrave;re&hellip; Le plus beau remonte probablement &agrave; mes d&eacute;buts. Je jouais Milie, une pi&egrave;ce consacr&eacute;e &agrave; l&rsquo;autisme qui racontait l&rsquo;accompagnement th&eacute;rapeutique d&rsquo;une petite fille par sa psychologue. Le spectacle est rest&eacute; deux mois au Th&eacute;&acirc;tre du Lucernaire, &agrave; Paris, durant l&rsquo;automne 2003. Ce fut un vrai succ&egrave;s.</p>
<p data-end="5043" data-start="4802">&Agrave; la m&ecirc;me p&eacute;riode, Laurent Terzieff y pr&eacute;sentait Floril&egrave;ge, un spectacle de po&eacute;sie. Nos loges &eacute;taient voisines. Il jouait chaque soir avant moi, mais venait syst&eacute;matiquement me saluer et me souhaiter bonne chance avant mon entr&eacute;e en sc&egrave;ne.</p>
<p data-end="5321" data-start="5045">J&rsquo;&eacute;tais jeune et tr&egrave;s admirative de cet immense com&eacute;dien. Son &eacute;l&eacute;gance, sa simplicit&eacute; et sa g&eacute;n&eacute;rosit&eacute; me touchaient beaucoup. J&rsquo;&eacute;tais &eacute;galement impressionn&eacute;e par son humilit&eacute;. J&rsquo;en ai gard&eacute; l&rsquo;id&eacute;e qu&rsquo;un grand artiste reste accessible et ne perd jamais la passion qui l&rsquo;anime.</p>
<p data-end="5618" data-start="5323">Cette attention d&rsquo;un immense acteur envers une jeune com&eacute;dienne reste l&rsquo;un des plus beaux cadeaux de ma carri&egrave;re. Elle a profond&eacute;ment influenc&eacute; ma mani&egrave;re d&rsquo;exercer ce m&eacute;tier. Il faut toujours travailler pour offrir le meilleur au public, continuer &agrave; se remettre en question, &eacute;voluer et grandir.</p>
<p data-end="5666" data-start="5620"><strong>Pourquoi faut-il venir voir ce spectacle ?</strong></p>
<p data-end="5920" data-start="5668">Les spectateurs le sauront en sortant ! Je l&rsquo;ai &eacute;crit de mani&egrave;re tr&egrave;s personnelle, sinc&egrave;re et g&eacute;n&eacute;reuse. La danse, le th&eacute;&acirc;tre, la vid&eacute;o, la photographie et la participation du public permettent d&rsquo;aborder autrement la cinquantaine et le temps qui passe.</p>
<p data-end="6178" data-start="5922">Ce spectacle ne ressemble pas &agrave; une forme classique. Il porte mon empreinte, mon histoire et ma mani&egrave;re de travailler. Je dirais qu&rsquo;il est honn&ecirc;te et g&eacute;n&eacute;reux. C&rsquo;est m&ecirc;me une mise &agrave; nu. C&rsquo;est courageux, non ? Rien que pour cela, il faut venir le d&eacute;couvrir.</p>
<p data-end="6552" data-start="6180">C&rsquo;est aussi ma premi&egrave;re cr&eacute;ation pr&eacute;sent&eacute;e &agrave; Avignon. Une raison suppl&eacute;mentaire de venir et de d&eacute;fendre la diversit&eacute; des formes propos&eacute;es dans le Off. Ce festival poss&egrave;de une densit&eacute; de cr&eacute;ation unique. Je suis tr&egrave;s heureuse d&rsquo;y prendre part apr&egrave;s trente ans pass&eacute;s &agrave; chercher, &agrave; exp&eacute;rimenter et &agrave; raconter des r&eacute;cits intimes qui finissent toujours par devenir universels.</p>
<p data-end="6573" data-start="6554"><em>Infos pratiques</em></p>
<p data-end="6871" data-is-last-node="" data-is-only-node="" data-start="6575"><em>50 ans, pr&eacute;sente !, jusqu&rsquo;au 24 juillet 2026 &agrave; 16 heures, rel&acirc;che le lundi, au Th&eacute;&acirc;tre Golovine, 1 bis rue Sainte-Catherine &agrave; Avignon. Dur&eacute;e 50 minutes. D&egrave;s 10 ans. Tarifs de 12 &agrave; 20 euros. <a data-end="6870" data-start="6767" href="https://www.theatre-golovine.com/50-ans-presente-cie-mastock?utm_source=chatgpt.com" rel="noopener" target="_new">R&eacute;servations aupr&egrave;s du Th&eacute;&acirc;tre Golovine</a>.<br />
Le teaser c&#39;est <a href="https://www.youtube.com/watch?app=desktop&amp;v=KSxLAWIlFF4&amp;ra=m">ici</a></em></p>
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