Dossier d'analyse : ARLES Ligne THT : le collectif des "anti" veut faire plier l'État avant l'été
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<p>Hier, &agrave; Arles, le collectif THT 13-30 &eacute;tait venu d&eacute;livrer &agrave; la presse un message. La d&eacute;claration d&rsquo;utilit&eacute; publique de la ligne tr&egrave;s haute tension pourrait &ecirc;tre prononc&eacute;e d&rsquo;ici l&rsquo;&eacute;t&eacute;. Il y a donc urgence &agrave; faire plier l&rsquo;&Eacute;tat et RTE, le gestionnaire du r&eacute;seau de transport de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute;, qui veulent imposer sur le territoire de Terre d&rsquo;Argence, de Camargue et de Crau, la cr&eacute;ation d&rsquo;une ligne &eacute;lectrique a&eacute;rienne sur 65 km entre Jonqui&egrave;res-Saint-Vincent dans le Gard et Fos-sur-Mer dans les Bouches-du-Rh&ocirc;ne. Cet &eacute;quipement d&eacute;figurerait le paysage avec des pyl&ocirc;nes de plus de 60 m&egrave;tres de haut, mangerait des terres agricoles, empi&eacute;terait sur les zones naturelles et remarquables. <i>&laquo; En maintenant ce projet qui fait la quasi-unanimit&eacute; contre lui sur les territoires concern&eacute;s, l&rsquo;&Eacute;tat s&rsquo;attaque &agrave; un socle structurel et fondamental de ce territoire, sa biodiversit&eacute;. </i><i>Au-del&agrave; de </i><i>s</i><i>on image symbolique connue dans le monde entier, elle est pr&eacute;serv&eacute;e depuis pr&egrave;s de 60 ans par un corpus juridique puissant sur le plan national et international. L&rsquo;&Eacute;tat, en s&rsquo;ent&ecirc;tant depuis deux ans, prend ainsi le risque d&rsquo;un profond retard dans la mise en &oelig;uvre de la d&eacute;car</i><i>bon</i><i>ation de la zone industrielle de Fos, voire d&#39;un &eacute;chec total face &agrave; la d&eacute;termination sans faille des nombreuses parties prenantes&raquo;.</i></p>
<h2>Des millions d&rsquo;oiseaux migrateurs</h2>
<p>Et de rappeler que la diversit&eacute; et la richesse des habitats sur ce triangle d&rsquo;or de la biodiversit&eacute; expliquent la pr&eacute;sence de plusieurs centaines d&rsquo;esp&egrave;ces d&rsquo;oiseaux qui utilisent le delta du Rh&ocirc;ne comme zone de repos, d&rsquo;hivernage ou de reproduction. Le flux des oiseaux migrateurs traversant chaque ann&eacute;e le golfe du Lion est estim&eacute; entre 45 et 90 millions d&rsquo;oiseaux au printemps, et entre 140 et 210 millions d&rsquo;oiseaux &agrave; l&rsquo;automne, selon l&rsquo;&eacute;tude tr&egrave;s scientifique de MIGRALION. <i>&laquo; Quatre comptages r&eacute;alis&eacute;s entre 2024 et 2026 le long du trac&eacute; pr&eacute;vu par RTE ont mis en &eacute;vidence une fr&eacute;quentation exceptionnelle de l&rsquo;avifaune. </i><i>En seulement quelques matin&eacute;es d&rsquo;observation couvrant 60 % du lin&eacute;aire, plus de 52 000 oiseaux ont &eacute;t&eacute; recens&eacute;s, parmi lesquels des esp&egrave;ces de grande taille particuli&egrave;rement vuln&eacute;rables aux collisions et &eacute;lectrocutions &raquo;,</i> pr&eacute;cise Jean-Luc Moya, un des porte-parole du collectif.</p>
<h2>Une valeur &eacute;cologique reconnue mondialement</h2>
<p>La valeur &eacute;cologique de ce territoire est reconnue depuis longtemps par de nombreux statuts de protection : parc naturel r&eacute;gional de Camargue, sites Natura 2000, r&eacute;serves r&eacute;gionales et nationales, zones humides d&#39;importance internationale, r&eacute;serve de biosph&egrave;re reconnue par l&rsquo;Unesco. Une reconnaissance qui pourrait &ecirc;tre remise en cause par le projet de RTE.</p>
<p>Un projet qui met en p&eacute;ril tr&egrave;s directement des esp&egrave;ces d&rsquo;oiseaux menac&eacute;es (en voie d&rsquo;extinction pour certains) vivant sur le territoire : l&rsquo;aigle de Bonnelli, le faucon cr&eacute;cerelle, l&rsquo;outarde canepeti&egrave;re, le butor &eacute;toil&eacute;, le ganga cata et l&rsquo;alouette calandre.</p>
<p>La proposition de RTE visant &agrave; compenser les pertes de ganga cata via des oiseaux captur&eacute;s en Espagne ne tient pas la route selon eux ; pas plus que celle concernant le balisage des lignes &eacute;lectriques. <i>&laquo; La synth&egrave;se internationale sur le sujet est sans ambigu&iuml;t&eacute; : l&rsquo;efficacit&eacute; du balisage est plut&ocirc;t faible, extr&ecirc;mement al&eacute;atoire et d&eacute;pend du contexte (site et esp&egrave;ce). Pour des esp&egrave;ces comme l&rsquo;outarde, dont la collision avec les lignes &eacute;lectriques constitue la seconde cause de mortalit&eacute; en </i><i>France, des &eacute;tudes europ&eacute;ennes le confirment, seul l&rsquo;enfouissement des lignes est pertinent &raquo;.</i></p>
<p>Une alternative que le collectif d&eacute;fend bec et ongles depuis deux ans aupr&egrave;s de RTE et des pr&eacute;fets successifs. <i>&laquo; La d&eacute;carbonation de Fos est une n&eacute;cessit&eacute;, nous en convenons. D&rsquo;apr&egrave;s nos calculs,les co&ucirc;ts totaux des deux </i><i>possibilit&eacute;s </i><i> tournent autour de 1,5 milliard d&rsquo;euros. </i><i>Simplement la ligne a&eacute;rienne irait plus vite et r&eacute;pondrait &agrave; la demande de quelques start-up qui font pression pour r&eacute;colter des fonds qu&rsquo;elles n&rsquo;ont pas</i><i> &raquo;.</i></p>
<h2>Les avocats sur le coup</h2>
<p>Pour se faire entendre par l&rsquo;&Eacute;tat, aller vers un d&eacute;veloppement industriel, une transition &eacute;nerg&eacute;tique en harmonie avec la protection de la nature, le collectif THT 13-30 a d&eacute;j&agrave; et va engager plusieurs proc&eacute;dures juridiques. <i>&laquo;</i><i>Nous avons saisi les conventions internationales telles que la convention de Berne qui vise &agrave; assurer la conservation de la flore et de la faune sauvage, ainsi que la convention de Ramsar sur les zones humides &raquo;. </i>Les permis de construire et autorisations environnementales des grands projets industriels d&eacute;pendants de cette infrastructure feront &eacute;galement l&rsquo;objet d&rsquo;un examen juridique attentif. En l&rsquo;absence d&rsquo;&eacute;valuation s&eacute;rieuse des impacts cumul&eacute;s sur la biodiversit&eacute;, ces projets pourront eux aussi &ecirc;tre contest&eacute;s. &laquo;<i>On sort les dents avec nos armes de dissuasions massive</i><i>s </i><i>&raquo;</i> r&eacute;sument en conclusion les porte-paroles du collectif, <em>&quot;car si cela se fait ici, en Camargue, cela se fera partout. RTE a des projets de lignes tr&egrave;s haute tension a&eacute;riennes sur tout le territoire national&quot;.</em></p>
<p>Ils demandent au minist&egrave;re de la Transition &eacute;cologique de nommer au plus vite un m&eacute;diateur de l&rsquo;&Eacute;tat en Camargue <i>&laquo; pour d&eacute;velopper le dialogue territori</i><i>a</i><i>l sur les enjeux de conservation &agrave; l&rsquo;&eacute;chelle de la Camargue g&eacute;omorphologique, tel que pr&eacute;conis&eacute; dans le rapport de l&rsquo;inspection g&eacute;n&eacute;rale de l&rsquo;environnement et du d&eacute;veloppement durable de 2023 sur la pr&eacute;servation des principales zones humides fran&ccedil;aises &raquo;.</i></p>
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