Dossier d'analyse : La protection fonctionnelle de Bouissou passera à l’APF

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Tahiti, le 15 juillet 2026 - Saisi par l’ancien ministre Jean-Christophe Bouissou, le tribunal administratif de Papeete vient de rendre une dĂ©cision cruciale. L’assemblĂ©e de la PolynĂ©sie française, qui ne voulait pas se pencher sur la demande de ce dernier de lui octroyer la protection fonctionnelle, ne peut plus se retrancher derriĂšre un vide juridique pour refuser d'examiner sa demande de prise en charge des frais d’avocat. En mars 2025, l’ancien ministre avait fait cette mĂȘme demande auprĂšs du gouvernement, mais le tribunal administratif l’avait renvoyĂ© vers l’assemblĂ©e.   L’affaire, qui dure depuis plusieurs annĂ©es, concerne l'ancien ministre Jean-Christophe Bouissou. Poursuivi par la justice dans le dossier Bill Ravel, ce dernier a finalement bĂ©nĂ©ficiĂ© d’un non-lieu. Il a par la suite sollicitĂ© la “protection fonctionnelle” auprĂšs de l’assemblĂ©e de la PolynĂ©sie française pour obtenir la prise en charge, puis le remboursement de ses frais d’avocat, qui s'Ă©lĂšvent Ă  2,4 millions de francs.   La protection fonctionnelle est un principe fort, elle garantit Ă  tout agent public ou Ă©lu que la collectivitĂ© prendra en charge sa dĂ©fense s'il est traĂźnĂ© devant les tribunaux pour des actes liĂ©s Ă  son mandat. Seule condition : ne pas avoir commis de faute personnelle grave, dite “dĂ©tachable” du service.   Pourtant, en juin 2025, le prĂ©sident de l’assemblĂ©e, Tony GĂ©ros, a opposĂ© une fin de non-recevoir Ă  Jean-Christophe Bouissou sur le sujet, arguant que si la loi organique de 2004 prĂ©voit ce droit aux Ă©lus, ses modalitĂ©s d'application doivent ĂȘtre prĂ©cisĂ©es par une “loi du Pays”.   Dans sa dĂ©cision rendue ce mercredi, le tribunal administratif a balayĂ© cette dĂ©fense. Pour les magistrats, l’absence d'une loi du Pays ne rend pas l’application de la loi organique “manifestement impossible”. En refusant d’inscrire la demande de l'ex-Ă©lu Ă  l'ordre du jour sous ce seul prĂ©texte, le prĂ©sident de l’assemblĂ©e a commis une “erreur de droit”.   Le tribunal a Ă©galement rejetĂ© l'argument de l'assemblĂ©e qui affirmait que le recours de Jean-Christophe Bouissou Ă©tait trop tardif.   Le tribunal administratif a annulĂ© la dĂ©cision, ou plutĂŽt l’absence de dĂ©cision, de Tony GĂ©ros. L’assemblĂ©e de la PolynĂ©sie française a dĂ©sormais quatre mois pour inscrire la demande de Jean-Christophe Bouissou Ă  l’ordre du jour en sĂ©ance Ă  Tarahoi et l'examiner sur le fond.


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