Dossier d'analyse : Au cƓur de la Saga (1/5) – Gilles Vigneron : “Les enfants se rĂ©vĂšlent sur l’eau”

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Tahiti, le 10 juillet 2026 – Cette annĂ©e, la Saga jette l’ancre Ă  Tautira du 5 juillet au 9 aoĂ»t. Pendant ces cinq semaines de vacances tournĂ©es vers la navigation pour 720 enfants de Tahiti et des Ăźles, nous vous embarquons aux cĂŽtĂ©s de quelques-unes des nombreuses personnes qui contribuent Ă  la rĂ©ussite de cette initiative solidaire. Aujourd’hui, rencontre avec Gilles Vigneron, moniteur Ă  l’école de voile d’Arue qui transmet sa passion pour la navigation aux enfants de la Saga depuis l’édition de 1995 Ă  Rangiroa.   C’est un pilier solide mais discret de la Saga. À 58 ans, Gilles Vigneron est le doyen des moniteurs de l’école de voile d’Arue, qu’il a intĂ©grĂ©e en 1995. Originaire de NĂźmes, il a dĂ©couvert la voile dans l’enfance. “J’ai commencĂ© par faire des stages d’Optimist sur la MĂ©diterranĂ©e. À dix ans, mon pĂšre m’a offert une planche Ă  voile et j’en ai fait tous les Ă©tĂ©s. La voile, c’est une passion qui ne m’a jamais quittĂ©e”, confie-t-il.   Un monitorat fĂ©dĂ©ral plus tard, il a commencĂ© Ă  enseigner chaque Ă©tĂ© dans l’Hexagone, avant de mettre le cap sur les Ăźles Sous-le-Vent pour une “saison d’hiver” qui s’est finalement prolongĂ©e. “Quand j’ai commencĂ© Ă  l’école de voile de Arue, nous Ă©tions trois moniteurs avec Doudou comme directeur. J’ai passĂ© une formation, un DEUST en management de club. J’ai Ă©tĂ© chef de base et directeur adjoint, mais le cĂŽtĂ© administratif dans un bureau, ce n’est pas mon truc : je prĂ©fĂšre ĂȘtre sur l’eau avec les Ă©lĂšves.”  


Des journées bien remplies

En plus du rendez-vous annuel de la Saga, la vie de moniteur est bien remplie : “On est sur tous les fronts Ă  l’école de voile de Arue. De la rentrĂ©e de septembre jusqu’à fin mai, on accueille 45 classes de mer, soit 1.200 Ă©lĂšves de CM1 et CM2. Il y a aussi des stages d’initiation, de perfectionnement ou de compĂ©tition, et des cours rĂ©guliers pour enfants et adultes. Depuis deux ans, on dĂ©veloppe le wing foil avec des moniteurs dĂ©diĂ©s.” Puis vient le temps du suivi de la Saga, une semaine de navigation supplĂ©mentaire pour certains enfants lors des vacances de NoĂ«l, dans la baie de Matavai. “En juin, on s’occupe de la maintenance du matĂ©riel et de la prĂ©paration de la Saga suivante pour ĂȘtre opĂ©rationnel pendant cinq semaines”, prĂ©cise Gilles Vigneron.   Comme d’autres anciens de l’équipe, il varie les fonctions pendant la Saga. “On se relaie pour coordonner les activitĂ©s des douze groupes. Je peux ĂȘtre Ă  l’entretien parce qu’il peut y avoir de la casse. Et je suis aussi moniteur pour apprendre aux enfants Ă  naviguer et les faire progresser”, explique-t-il. MalgrĂ© une vigilance de tous les instants, sa motivation est intacte : “Enseigner et transmettre, faire dĂ©couvrir aux enfants le monde marin, jouer avec le vent et les Ă©lĂ©ments naturels, ça reste ma principale passion aujourd’hui. J’essaie de leur partager cette sensation de libertĂ© qui vient du fait qu’il n’y a pas de route dĂ©finie sur l’eau : chacun trace son chemin.”  


​Les atouts de la voile

Le moniteur aguerri observe avec satisfaction les bienfaits de la navigation sur les enfants de la Saga, majoritairement issus de familles modestes accompagnĂ©es par les services sociaux. “La voile, ça demande aux enfants de s’approprier les Ă©lĂ©ments comme le vent et la mer, de faire preuve de coordination et d’agilitĂ© pour se diriger et faire avancer son bateau, seul ou en Ă©quipage. Ça oblige Ă  l’entraide et Ă  l’entente. Au dĂ©but, il peut y avoir de l’apprĂ©hension, voire des peurs Ă  surmonter. Certains pensent qu’ils ne vont pas y arriver, mais gĂ©nĂ©ralement, au bout de trois jours, ils acquiĂšrent une forme d’autonomie qui est super intĂ©ressante. AprĂšs une semaine de voile, ils peuvent aller oĂč ils veulent et ils s’amusent Ă  faire des levers de coque. Ils prennent confiance en eux ! On les voit Ă©voluer et ils se rĂ©vĂšlent sur l’eau”, analyse Gilles Vigneron. Certains adolescents qui se sont bien conduits pendant leur semaine de Saga ont d’ailleurs l’opportunitĂ© de revenir par la suite en tant qu’aides-moniteurs, s’ils le souhaitent. Un tremplin que les plus voileux d’entre eux saisissent pour devenir moniteurs Ă  leur tour, aprĂšs les formations requises.   FidĂšle au poste, Gilles Vigneron a prĂ©vu de continuer Ă  hisser les voiles de la Saga pendant encore quelques annĂ©es : “Je suis toujours content de faire dĂ©couvrir Ă  des petits moussaillons de cinq ans des activitĂ©s nautiques, comme Ă  un ado qui au dĂ©part a la flemme. Quand les enfants sont tristes de nous quitter Ă  la fin de la semaine, c’est que notre mission est rĂ©ussie.”  


​De Rangiroa à Tahiti, en passant par Maupiti




Le moniteur a une trentaine de Saga Ă  son actif. Depuis son arrivĂ©e Ă  l’école de voile de Arue, il n’a manquĂ© que l’édition de 1998. “Ma premiĂšre Saga Ă©tait Ă  Rangiroa et elle m’a beaucoup marquĂ© : elle avait Ă©tĂ© courte, car c’était en 1995 et nous Ă©tions rentrĂ©s pour participer Ă  l’organisation des Jeux du Pacifique Ă  Tahiti pour la voile”, plonge-t-il dans ses souvenirs. “Il y a des Ăźles oĂč on retourne rĂ©guliĂšrement avec toujours autant de plaisir comme Huahine et Bora Bora, mais aussi Papeari Ă  Tahiti. La Saga Ă  Maupiti en 2007, de mĂ©moire, avait Ă©tĂ© trĂšs joyeuse, car attendue aprĂšs un report suite Ă  un cyclone”. Mais pour Gilles Vigneron, la Saga est avant tout une aventure humaine. “Au-delĂ  du cadre naturel exceptionnel de chaque site, ce sont aussi les gens qui entourent le village de la Saga qui font la beautĂ© de l’évĂ©nement. Il y a un esprit Saga qui est super Ă  vivre !”, confie-t-il Ă  l’aube de cette Ă©dition 2026. La premiĂšre Ă  Tautira.


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