Dossier d'analyse : Un trafic de pĂšre en fils

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Tahiti, le 2 juillet 2026 - Quatre dossiers Ă©taient examinĂ©s par le tribunal de Papeete, ce jeudi, lors des comparutions immĂ©diates. Point commun : trois sont liĂ©s Ă  des faits de trafic d’ice.   Dans l’une des procĂ©dures examinĂ©es ce jeudi par le tribunal correctionnel, il y a le pĂšre, le fils et
 “ce n’est pas le Saint-Esprit”, a ironisĂ© le prĂ©sident en dĂ©but d’audience. Un troisiĂšme prĂ©venu est alors appelĂ©, un jeune homme nĂ© en 2006 et prĂ©sentĂ© comme un “grand ami des deux fils de la famille”. Tous sans emploi, tous au casier vierge. “Ils ont commencĂ© trĂšs fort”, a rĂ©sumĂ© le magistrat. Les faits reprochĂ©s sont identiques pour chacun : acquisition, transport, dĂ©tention et revente d’ice et de paka.   Selon les Ă©lĂ©ments du dossier, le groupe fonctionne en cercle fermĂ©, directement depuis le domicile familial Ă  Faa’a. “Ce n’est pas une maison de riche commerçant, il y a des matelas partout, une vingtaine de personnes vivent ici”, a dĂ©crit le prĂ©sident. L’organisation repose sur un systĂšme oĂč chacun revend, chacun encaisse, chacun rembourse. Le pĂšre, lui, serait “dans l’ice depuis longtemps”, selon ses propres dĂ©clarations, avec une consommation qui aurait dĂ©butĂ© lorsqu’il travaillait encore dans la marine marchande avant 2022.   “C’est du crĂ©dit : on vend, on rembourse aprĂšs. Le petit frĂšre revend aussi”, a exposĂ© le dossier. En effet, le petit frĂšre de la famille, ĂągĂ© de 16 ans, est lui aussi impliquĂ©. Il sera jugĂ© bientĂŽt par la cour d’appel des mineurs. Il est soupçonnĂ© d’avoir Ă©tĂ© directement impliquĂ© dans la chaĂźne de revente, ce que le parquet qualifie de “provocation et instrumentalisation de mineur”, des faits pour lesquels les majeurs sont aussi jugĂ©s.   De plus, des armes ont Ă©tĂ© dĂ©couvertes lors des investigations. Mais pas n’importe lesquelles : une fausse arme de poing attribuĂ©e au mineur et une fausse arme longue qualifiĂ©e de “mitraillette”, que l’un des mis en cause dĂ©crit comme servant “à tirer sur les oiseaux”.  


​Un an et demi ferme

Dans ses rĂ©quisitions, le ministĂšre public a insistĂ© sur l’organisation installĂ©e, mĂȘme si elle n’est pas trĂšs bien organisĂ©e. Le prĂ©sident a rĂ©sumĂ© : “C’est une entreprise familiale de trafic qui fonctionne au domicile, avec des rĂŽles interchangeables et un mineur instrumentalisĂ©â€.   Le parquet a requis des peines de cinq ans d’emprisonnement pour tous les prĂ©venus, une amende d’un million de francs, ainsi que la confiscation des scellĂ©s. Pour le pĂšre, un sursis d’un an a Ă©galement Ă©tĂ© requis.   “Ils sont rĂ©insĂ©rables”, a avancĂ© l’avocate de l’un des deux jeunes lors de sa plaidoirie, tandis que l’avocate du pĂšre a affirmĂ© que son client “n’a jamais voulu que ses enfants basculent dans le trafic” et a demandĂ© la relaxe sur la qualification de provocation de mineur.   Pour le fils, la peine a Ă©tĂ© fixĂ©e Ă  deux ans d’emprisonnement dont six mois avec sursis probatoire pendant deux ans, assortis d’une obligation de travail. Le pĂšre et l’ami de la famille ont tous les deux Ă©tĂ© condamnĂ©s Ă  un an et demi de prison dont six mois avec sursis probatoire pendant deux ans, avec obligation de travail et de soins. Le tribunal n’a pas retenu l’amende d’un million de francs initialement requise par le parquet. En revanche, les trois condamnations sont assorties d’un mandat de dĂ©pĂŽt.


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