Dossier d'analyse : ​Douane : les “bons” importateurs rĂ©compensĂ©s

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Tahiti, le 3 juillet 2026 - Un nouveau Code des douanes de PolynĂ©sie est entrĂ© en vigueur le 1er juin dernier. Il prĂ©voit notamment un statut d’“opĂ©rateur de confiance”, inspirĂ© du statut d’“opĂ©rateur Ă©conomique agrĂ©Ă©â€ mis en place au sein de l’Union europĂ©enne. Les “bons Ă©lĂšves” en matiĂšre de rĂšgles douaniĂšres pourront ainsi bĂ©nĂ©ficier d’allĂšgements administratifs.   AppliquĂ© au sein de la France mĂ©tropolitaine et de l'Union europĂ©enne, le statut d'“opĂ©rateur Ă©conomique agrĂ©Ă©â€ (OEA) a Ă©tĂ© adaptĂ© aux rĂ©alitĂ©s polynĂ©siennes. EntrĂ© en vigueur le 1er juin, un nouveau Code des douanes de PolynĂ©sie rassemble les rĂšgles douaniĂšres “renouvelĂ©es” et “remises en ordre”. Mais pas que. Il crĂ©e Ă©galement un nouveau statut d'“opĂ©rateur de confiance”, destinĂ© Ă  simplifier les dĂ©marches des entreprises qui importent rĂ©guliĂšrement des marchandises. Son objectif est double : fluidifier les opĂ©rations de dĂ©douanement pour les entreprises les plus fiables et permettre Ă  la douane de concentrer davantage ses moyens sur ses missions prioritaires, notamment la lutte contre les trafics de stupĂ©fiants.   Les entreprises concernĂ©es devront “ĂȘtre transparentes avec la douane (documents comptables, logistiques, douaniers), en Ă©change de moins de contrĂŽles et de dĂ©marches simplifiĂ©es”.   Pour obtenir cette “certification”, elles devront rĂ©pondre Ă  plusieurs critĂšres. Elles devront notamment ĂȘtre Ă  jour de leurs obligations fiscales et douaniĂšres, ne pas avoir d'antĂ©cĂ©dents ou de contentieux importants avec l'administration, mais aussi dĂ©montrer qu'elles maĂźtrisent les rĂšgles douaniĂšres, notamment en matiĂšre d'espĂšce, d'origine et de valeur des marchandises dĂ©clarĂ©es. “On rĂ©compense par la certification ceux qui sont des bons Ă©lĂšves”, rĂ©sume le ministre de l'Économie et des Finances, Warren Dexter, prĂ©sent lors de la confĂ©rence de presse organisĂ©e ce vendredi, aux cĂŽtĂ©s de Serge Puccetti, directeur rĂ©gional des douanes de la PolynĂ©sie.   Contrairement Ă  un label attribuĂ© en nombre limitĂ©, le statut sera accessible Ă  toutes les entreprises qui rempliront les conditions. “S'il y a 1 000 opĂ©rateurs qui rĂ©pondent aux critĂšres prĂ©vus par le Code des douanes, ils pourront tous obtenir ce statut”, prĂ©cise le ministre. Donc aucun nombre d'acquĂ©reurs limitĂ©.


​OpĂ©rateur Ă©conomique agréé

En contrepartie de cette reconnaissance, les entreprises certifiĂ©es bĂ©nĂ©ficieront d'importants allĂšgements administratifs. Leurs formalitĂ©s de dĂ©douanement seront simplifiĂ©es, les marchandises pourront ĂȘtre mises Ă  disposition plus rapidement et les contrĂŽles douaniers seront moins frĂ©quents. Elles pourront Ă©galement bĂ©nĂ©ficier d'un allĂšgement des garanties financiĂšres habituellement demandĂ©es par la douane avant le paiement des droits et taxes.   Donnant, donnant... cette confiance ne sera pas accordĂ©e sans contrepartie. Les entreprises devront accepter des audits rĂ©guliers durant lesquels les services des douanes pourront examiner leurs procĂ©dures logistiques, comptables et douaniĂšres afin de vĂ©rifier que les critĂšres continuent d'ĂȘtre respectĂ©s.   Si le statut s'inspire largement de l'“opĂ©rateur Ă©conomique agrĂ©Ă©â€ europĂ©en, il ne s'agit pas d'une copie. Les critĂšres seront adaptĂ©s Ă  l'organisation administrative de la PolynĂ©sie française, qui dispose de compĂ©tences Ă  elle en matiĂšre fiscale et douaniĂšre. Les services travaillent encore Ă  dĂ©finir prĂ©cisĂ©ment les modalitĂ©s d'attribution, en concertation avec les professionnels concernĂ©s.   Le principe du statut figure dĂ©sormais dans le nouveau Code des douanes, mais son application se fera progressivement. Les critĂšres dĂ©taillĂ©s, les questionnaires d'Ă©valuation et les modalitĂ©s des audits doivent encore ĂȘtre fixĂ©s. Ce travail devrait se poursuivre au cours des trois prochaines annĂ©es.   Le gouvernement poursuit de faire Ă©voluer la fiscalitĂ© douaniĂšre, au centre des attentes des PolynĂ©siens. Plusieurs scĂ©narios de baisse des droits et taxes Ă  l'importation sont actuellement Ă  l'Ă©tude. “On sait tous que les moyens des douanes doivent ĂȘtre prioritairement orientĂ©s vers la lutte contre les stupĂ©fiants.  C'est vraiment la prioritĂ© nationale et locale. Donc, ça veut dire, effectivement, moins de moyens sur les compĂ©tences, sur d'autres missions, notamment le dĂ©douanement, le contrĂŽle des droits et taxes. Donc, ça veut dire qu'il faut pouvoir simplifier”, rĂ©sume le ministre des Finances qui ajoute que “le dĂ©douanement, le contrĂŽle des droits et taxes n'est pas oubliĂ©â€. Les premiĂšres mesures “pourraient ĂȘtre intĂ©grĂ©es Ă  la loi fiscale accompagnant le budget 2027”, annonce Warren Dexter.   À noter que cinq des six livres du nouveau code sont aujourd'hui finalisĂ©s et la codification des exonĂ©rations fiscales reste Ă  conduire. 


​Un accompagnement pour les usagers

Pour accompagner cette transition, la Direction des douanes de Polynésie française met en place plusieurs dispositifs : - Une cellule conseil est à la disposition des entreprises pour répondre à leurs questions sur les nouvelles dispositions et les accompagner dans leurs démarches, par courriel à cce-polynesie@douane.finances.gouv.fr ou par téléphone au (689) 40 50 55 58. - Un espace dédié sera par ailleurs mis en ligne sur le site de la direction des douanes, avec le texte intégral du code, des fiches explicatives et les coordonnées des services à contacter. - Des ateliers et des réunions seront enfin organisés tout au long de l'année 2026 pour présenter les changements clés et les bonnes pratiques à adopter.


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