Dossier d'analyse : Le bĂątiment du cyclotron divise

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Tahiti, le 30 juin 2026 - Les Ă©lus de la commission de la santĂ© Ă  Tarahoi sont divisĂ©s entre le changement de lieu pour l’installation du cyclotron et le prolongement dans le temps de sa mise en service qui “pĂ©naliserait les patients” atteints de cancer. “Mon cƓur a suivi le dĂ©lai d'installation”, confie Hinamoeura Morgant-Cross. Pour d’autres, ce texte propose “une vision Ă  plus Ă  long terme et une meilleure prise en charge des cancers en gĂ©nĂ©ral”.   Les membres de la commission de la santĂ© et des solidaritĂ©s Ă  l’assemblĂ©e se sont penchĂ©s, lundi, sur la proposition de dĂ©libĂ©ration relative Ă  la structuration de la filiĂšre cancer au Fenua et Ă  l’implantation du cyclotron. Les objectifs Ă©tant surtout d’amĂ©liorer la prise en charge des patients et la mise en place d’un comitĂ© de suivi de la filiĂšre du cancer.   La rapporteure du texte, Pascal Haiti Flosse, propose de regrouper “l’expertise, les compĂ©tences humaines et les Ă©quipements au sein d’une structure unique et indĂ©pendante associant la recherche et l’enseignement”. Pour l’élue Tapura, il n’y a que l’Institut du cancer de PolynĂ©sie française (ICPF) qui a “vocation Ă  regrouper l’ensemble des activitĂ©s d’oncologie”.   Selon nos sources, les candidatures Ă  l’appel d’offres lancĂ© en mai par le CHPF seront examinĂ©es le 7 juillet prochain. Ce marchĂ© concerne la maĂźtrise d’Ɠuvre du futur bĂątiment du cyclotron et de la radiopharmacie, un projet estimĂ© Ă  prĂšs d’un milliard de francs, avec une mise en service prĂ©vue en 2028.   En somme, il est demandĂ© au gouvernement “de revoir le choix du site” oĂč sera installĂ© le cyclotron pour protĂ©ger les personnes et l’environnement face aux risques liĂ©s Ă  l’exposition aux rayonnements ionisants. De plus, selon le projet de dĂ©libĂ©ration, l’unitĂ© de radiopharmacie et le TEP-scan devraient Ă©galement ĂȘtre placĂ©s Ă  l’ICPF.


“Les positions de chacun Ă©taient dĂ©jĂ  largement arrĂȘtĂ©es”

InterrogĂ©e, l’élue A Fano Ti’a des Tuamotu-Ouest, Odette Homai, affirme que les Ă©changes de lundi ont mis en Ă©vidence “deux visions diffĂ©rentes de l'organisation de la future filiĂšre cancer”. Mais tous les intervenants avaient le mĂȘme objectif : amĂ©liorer la prise en charge des patients atteints de cancer.   Des divergences entre les mĂ©decins du CHPF et ceux de l’ICPF Ă©taient palpables. Les premiers dĂ©fendent le projet actuel “estimant qu'un changement de site retarderait la mise en service du cyclotron et pĂ©naliserait les patients”. Les seconds ont regrettĂ© la dispersion du personnel et du matĂ©riel et estiment nĂ©cessaire “de revoir certains aspects du projet afin de garantir une organisation plus pĂ©renne”.   Les Ă©lus s’y sont pris Ă  deux fois pour voter puisqu’il y avait ex ĂŠquo entre les voix pour, contre et les abstentions. Un second vote a eu lieu avec pour rĂ©sultat final : cinq voix pour le projet de dĂ©libĂ©ration, trois contre et une abstention, celle de Patricia Jennings, co-rapporteure du texte et qui n’a d’ailleurs plus voulu l’ĂȘtre.    MalgrĂ© la “qualitĂ© des auditions” et les interventions “techniques” des taote, “ces Ă©changes n'ont pas davantage nourri la rĂ©flexion. J'ai eu le sentiment que malgrĂ© la qualitĂ© des auditions et les diffĂ©rences expliquĂ©es par les professionnels de santĂ©, les positions de chacun Ă©taient dĂ©jĂ  largement arrĂȘtĂ©es”.   Odette Homai appelle ses collĂšgues de tous bords politiques Ă  aller “au-delĂ  de nos divergences” car pour ces patients, chaque seconde compte. “Tout nouveau retard dans la mise en Ɠuvre de la filiĂšre risque d'accentuer les inĂ©galitĂ©s d'accĂšs aux soins, notamment pour les habitants des archipels Ă©loignĂ©s, qui cumulent dĂ©jĂ  les Ă©preuves de la maladie avec l’éloignements de leurs proches.”


“Mon cƓur a suivi le dĂ©lai d'installation”

InterrogĂ©e Ă  son tour, Hinamoeura Morgant-Cross a votĂ© contre cette dĂ©libĂ©ration pour ne pas prolonger le dĂ©lai d’installation du cyclotron. Elle explique qu’elle a Ă©tĂ© “interpellĂ©e par des mĂ©decins qui travaillent sur un projet qui devrait sortir d'ici trois ans et que si on repart avec l'ICPF, on risque d'agrandir les dĂ©lais”.   L’élue non inscrite se dit “partagĂ©e et en mĂȘme temps un peu perdue sur la solution Ă  choisir”. Elle tient pour responsable l’ancien ministre de la SantĂ© CĂ©dric Mercadal : “Il faut qu'on ait un cyclotron au plus vite parce qu'on a dĂ©jĂ  perdu trois ans avec une mauvaise gestion de la santĂ© avec CĂ©dric Mercadal. C'est trĂšs compliquĂ© aujourd'hui pour moi (
). Mon cƓur a suivi le dĂ©lai d'installation”.    Elle regrette que les Ă©lus n’aient pas eu “tous les Ă©claircissements” nĂ©cessaires pour une bonne comprĂ©hension du texte. “On Ă©tait encore dans le flou et le risque, c'est que le texte arrive en sĂ©ance alors que tous les Ă©lus, y compris les Ă©lus de la commission de la santĂ©, n'ont pas les Ă©claircissements qu'ils souhaitent.”


“Le gouvernement Brotherson ne donne pas de cap sĂ»r et clair”

La rapporteure du texte Pascale Haiti Flosse explique que son projet de dĂ©libĂ©ration est surtout dĂ» au fait que “ce gouvernement Brotherson ne donne pas de cap et de stratĂ©gie sĂ»rs et clairs dans le monde de la santĂ©â€. Aujourd’hui, dit-elle, les Ă©lus ont dĂ©cidĂ© de “reprendre le dossier en main, mais nous ne le reprenons pas pour le reprendre. Au contraire, il y a un comitĂ© de suivi”.   Elle assure que ce texte propose “une vision Ă  plus Ă  long terme et une meilleure prise en charge des cancers en gĂ©nĂ©ral”. Elle regrette que le gouvernement Brotherson n’ait pas gardĂ© le projet prĂ©vu initialement au niveau de Princesse Heiata Ă  Pirae : “On n’en serait pas aujourd’hui Ă  dĂ©battre encore sur ce dossier”.  Elle confie avoir “cru” au projet de l’ancien ministre de la SantĂ©, CĂ©dric Mercadal, quant Ă  l’installation du cyclotron au centre 15 : “Il nous avait dit que son projet Ă©tait mieux, plus efficace et plus Ă©conomique (
). Et lĂ , ça fait trois ans et toujours rien n'est fait”.   De plus, Pascale Haiti Flosse indique que le cyclotron fait le “tour de l’hĂŽpital” entre le centre 15, le parking des dialysĂ©s, puis prĂšs des bouteilles d'oxygĂšne, et derniĂšrement “juste derriĂšre la maternitĂ©, oĂč il y a le pĂŽle de santĂ© mentale, oĂč il y a les fosses septiques. Ce n'est pas comme si on dĂ©plaçait un groupe Ă©lectrogĂšne. Ce n'est pas sĂ©rieux, tout ça.”   Elle assure qu’il n’y aura pas de retard quant Ă  la prise en charge des patients puisque le TEP-scan actuellement au CHPF restera au sein de cet Ă©tablissement et que l’ICPF devra ĂȘtre â€œĂ©quipĂ©â€ lui aussi de son propre TEP-scan. “Si on en a un qui tombe en panne, on en a un deuxiĂšme.” Pascale Haiti Flosse rappelle que sur un cyclotron, “on peut brancher deux ou trois TEP-scans dessus”.    Le gouvernement a trois mois, aprĂšs la publication de la dĂ©libĂ©ration, pour faire des propositions de “site adaptĂ© et en capacitĂ© d’accueillir la filiĂšre cancer”. Le texte prĂ©cise Ă©galement la crĂ©ation d’un comitĂ© de suivi “FiliĂšre cancer”. “LĂ , nous aurons une lisibilitĂ© et le suivi du dossier car Ă  chaque fois qu'on demande le suivi du dossier, nous ne l'avons pas”, conclut Pascale Haiti Flosse.


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