Dossier d'analyse : ÉDITORIAL 50 degrés demain ? Nous ne sommes plus dans la fiction
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<p>Ce sont les soldes : tout doit dispara&icirc;tre. Un peu comme si la canicule obligeait d&eacute;sormais l&#39;&Eacute;tat &agrave; faire dispara&icirc;tre toute vie humaine des espaces publics pendant les &eacute;pisodes de fortes chaleurs. L&#39;image est volontairement excessive. Pourtant, les cons&eacute;quences sont bien r&eacute;elles. Et les d&eacute;cisions prises le sont, cette fois, dans l&#39;int&eacute;r&ecirc;t de la population. Ne pas se promener en for&ecirc;t pour &eacute;viter qu&#39;un barbecue entre amis ne d&eacute;clenche un incendie. Ne pas gaspiller l&#39;eau afin qu&#39;elle continue de couler demain &agrave; nos robinets. Rester chez soi plut&ocirc;t que de s&#39;exposer au cagnard. Une insolation ou un malaise ne sont jamais &agrave; prendre &agrave; la l&eacute;g&egrave;re. Encore faut-il que rester chez soi soit une solution. Pour ceux qui disposent d&#39;une climatisation, la r&eacute;ponse est &eacute;vidente. Pour les autres, c&#39;est une tout autre histoire. Alors o&ugrave; trouver un peu de fra&icirc;cheur ? &Agrave; N&icirc;mes, les centres commerciaux n&#39;ont sans doute jamais &eacute;t&eacute; aussi fr&eacute;quent&eacute;s. Les plus observateurs auront &eacute;galement remarqu&eacute; que le Carr&eacute; d&#39;Art fait le plein. Quant aux nuits, elles deviennent elles aussi un d&eacute;fi. Fen&ecirc;tres ouvertes, moustiquaires install&eacute;es, sommeil hach&eacute;... chacun improvise comme il peut. Nous sommes en train de changer d&#39;&eacute;poque. Le personnel politique commence &agrave; en prendre conscience. Les citoyens aussi. Et le climat, lui, ne nous laisse plus vraiment le choix. L&#39;id&eacute;e d&#39;&eacute;quiper massivement les logements en climatisation progresse. Elle finira probablement par devenir aussi banale que le chauffage en hiver. Disposer d&#39;un syst&egrave;me de rafra&icirc;chissement sera bient&ocirc;t consid&eacute;r&eacute; comme un &eacute;quipement de premi&egrave;re n&eacute;cessit&eacute;. Mais la climatisation reste un pansement sur une jambe de bois. Les temp&eacute;ratures ne sont pas pr&egrave;s de redescendre. Certains sc&eacute;narios &eacute;voquent d&eacute;j&agrave; des pics approchant les 50 degr&eacute;s dans les prochaines d&eacute;cennies. Mieux vaut donc que nos climatiseurs tiennent le choc. &Agrave; moins que notre capacit&eacute; d&#39;adaptation ne passe aussi par des d&eacute;cisions politiques beaucoup plus ambitieuses. L&#39;Accord de Paris obtenu par le pr&eacute;sident Hollande para&icirc;t d&eacute;j&agrave; loin. Pourtant, ses constats &eacute;taient justes. Il est indispensable de transformer nos modes de vie. L&#39;&eacute;lectrification des mobilit&eacute;s constitue un premier pas, mais elle ne suffira pas. Il faudra aussi acc&eacute;l&eacute;rer la r&eacute;novation thermique des logements, am&eacute;liorer l&#39;efficacit&eacute; &eacute;nerg&eacute;tique des b&acirc;timents et des usines, d&eacute;velopper une production d&#39;&eacute;lectricit&eacute; bas carbone, r&eacute;duire le gaspillage alimentaire, consommer davantage de produits locaux, pr&eacute;server nos for&ecirc;ts et limiter les vols courts lorsqu&#39;une alternative ferroviaire existe. Rien de r&eacute;volutionnaire. Toutes ces solutions sont connues depuis longtemps. Elles ne demandent ni miracle ni invention. Seulement du courage politique, de la constance dans les d&eacute;cisions... et des citoyens pr&ecirc;ts &agrave; accepter que lutter contre le r&eacute;chauffement climatique n&#39;est plus une option, mais une n&eacute;cessit&eacute;.</p>
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