Dossier d'analyse : ARLES Deux Arlésiens sur les pas de sœur Emmanuelle

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Description initiale :



<p>Mina Ghobrial, flûtiste soliste invité chaque année par l’Orchestre symphonique du Caire, connaît bien le quartier des chiffonniers, au Caire. Enfant, il y allait avec les scouts pour y distribuer vêtements et jouets. "<em>Je me souviens d’y avoir croisé sœur Emmanuelle, mais à l’époque, je ne réalisais pas qui elle était</em>", raconte-t-il. Celle que l'on surnommait "la petite sœur des pauvres" y aura œuvré une grande partie de sa vie.</p>

<h2>Un projet né dans l'enfer du quartier des chiffonniers</h2>

<p>Des années plus tard, de retour en Égypte, Mina fait face à une réalité qui le bouleverse : "<em>J’ai vu des enfants qui se droguaient pour supporter l’insupportable.</em>" Le quartier des chiffonniers est une décharge à ciel ouvert de plus de 700 000 habitants où 90 % des déchets du Caire sont recyclés. Tous ses habitants, y compris les enfants, travaillent dans le recyclage. "<em>C’est un environnement insalubre. Et violent</em>", décrivent Manon et Mina. Les écoles publiques y accueillent jusqu'à 70 enfants par classe, pour un seul enseignant. La violence et les addictions - "<em>même chez les très jeunes enfants</em>" - y sont omniprésentes.</p>

<p>C’est pour briser ce cercle, ou tout du moins offrir une parenthèse à ces enfants, que Mina et Manon - à la tête de l'association arlésienne Arthémusa - ont conçu un programme pédagogique musical. Joyeusement accueillis par les sœurs qui, depuis longtemps, souhaitaient mettre en place une pédagogie alternative pour offrir aux enfants une échappatoire.</p>

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• <strong>Photo E.B.</strong>
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<p>En avril dernier, au centre de soutien scolaire (créé par l'Église orthodoxe et ouvert à tous, musulmans, chrétiens, laïcs) du quartier des Chiffonniers, Manon et Mina ont mené une semaine d’ateliers artistiques de création collective et de partage autour de la musique, avec 25 enfants âgés d'une dizaine d'années. Objectif : "<em>faire de la musique un outil de sensibilisation, un lien social et d’espoir pour ces enfants.</em>" Au programme : chant, percussions corporelles et instrumentales, et création musicale avec des objets du quotidien. "<em>On a commencé par une chanson égyptienne que tous les enfants connaissent, qui parle de liberté : 'Si j’étais un oiseau…'</em>", raconte Mina. "<em>L’idée, c’était aussi de leur montrer qu’on peut faire de la musique avec des choses qu’on imagine pas, comme des ustensiles de cuisine.</em>"</p>

<p>Le point d’orgue de cette semaine aura été la visite de l’Opéra du Caire. "<em>Les enfants ont pu assister à la répétition générale, voir les musiciens de près, monter sur scène…</em>" Ce soir-là, l’orchestre jouait Tchaïkovski, Beethoven, Mozart... Une bulle de joie, au milieu de l’enfer. L’opportunité, aussi, de voir qu’il y a d’autres mondes ailleurs.</p>

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À l'issue de la semaine d'ateliers, les enfants ont pu assister à un concert à l'Opéra du Caire, des étoiles plein les yeux.
• <strong>E.B.</strong>
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<h2>Un concert pour pérenniser l’aventure</h2>

<p>Mina et Manon rêvent de pérenniser leur action en structurant des ateliers réguliers autour du recyclage d’instruments, de la création d’un orchestre et d’un chœur d’enfants. "<em>Réunir tous les enfants, leur apprendre un répertoire, les faire monter sur scène, ce serait important pour eux.</em>" "<em>C’est une graine qu’on plante</em>", souligne Mina. À voir ce projet, on ne peut que penser à El Sistema, le célèbre programme vénézuélien né il y a 50 ans, qui a transformé la vie de milliers d’enfants défavorisés en faisant de la musique un levier d’inclusion sociale et d’excellence artistique. "<em>El Sistema, ça a pris 50 ans. Mais ça a marché</em>", rappelle Mina. De là à se dire que cette première cession de Zaba Helween pourrait faire germer un jour un orchestre au cœur des Chiffonniers...</p>

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• <strong>E.B.</strong>
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<p>Pour financer la suite du projet, Arthemusa organise donc, ce dimanche, un concert solidaire. Au programme : Meraki, le groupe de Manon Arnaudo, avec un répertoire balkanique et méditerranéen oriental ; Rachel Rouvière et son groupe Les Crécelles, avec des chants occitans ; Mina Ghobrial et Yannic Seddiki, en duo jazz oriental. Pendant la soirée, les photos prises au Caire lors de cette semaine intense seront projetées.</p>

<p><em>Infos pratiques : concert dimanche 7 juin, à 18h, à l’église Saint-Julien, à Arles. Entrée libre à partir de 10 € (dons bienvenus). Toutes les infos,<a href="https://www.instagram.com/association_arthemusa/"> ici</a>. Et pour soutenir le projet Zaba Helween, c'est <a href="https://www.helloasso.com/associations/arthemusa/formulaires/3">ici</a>.</em></p>



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